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Hans Blix, l’ancien chef des inspecteurs de l’ONU en Irak, actuellement président de la Commission sur les armes de destruction massive, a demandé lundi à Tony Blair de justifier son soutien à la modernisation de l’arsenal nucléaire britannique (missiles sous-marins Trident), rapporte lundi The Independent.
M. Blix a déclaré lors d’un discours devant le British Institute of International and Comparative Law que le remplacement des missiles balistiques Trident risque de placer le traité de non prolifération nucléaire (TNP) sous « tension » et de rendre plus difficile un refus par l’Iran d’acquérir une technologie nucléaire.
C’est une sorte d’hypocrisie, selon lui, que les puissances du conseil de sécurité se référent d’ailleurs au TNP pour régler la crise iranienne : le NPT demande aux pays qui l’ont ratifié de réduire leur capacité nucléaire. L’autre versant du TNP est de refuser l’armement des pays qui n’en disposent pas.
Les puissances occidentales qui disposent de l’arme nucléaire n’ont pas du tout réduit leur capacité, que cela soit le Royaume-Uni, les Etats-Unis ou bien la France qui garde ses 482 têtes nucléaires : "despite some valuable progress in arms control and disarmament during the 1990s, we are actually in a phase of re-armament", a-t-il déclaré. Bien au contraire, elles en développent de nouvelles, comme Blair avec la modernisation de son arsenal. Comment demander aux Iraniens de respecter un traité que l’Europe ou les Etats-Unis ne respectent pas ? Mystère...
Hans Blix suggère que l’Assemblée générale de l’ONU appelle à un sommet mondial sur le désarmement, avec comme objectif prioritaire une interdiction totale (mais "compréhensive") des armes nucléaires, qui comprendrait tous les pays, y compris Israel, le Pakistan, l’Inde et la Corée du Nord...