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Libération du 23/06/05 explique la décision de la Commission Européenne pour trois mois [1] , à partir de début juillet, de toute forme de pêche à l’anchois dans le golfe de Gascogne, qui s’étend du cap Finisterre, en Espagne, à la Bretagne.
« Le mauvais état des stocks d’anchois n’est pas nouveau. Suivant l’avis du Conseil international pour l’exploration de la mer (Ciem), la Commission avait proposé fin 2004 de baisser de façon draconienne (- 85 %) le plafond autorisé de captures de l’espèce pour 2005. Mais Paris et Madrid avaient fait cause commune pour bloquer le projet. Les deux pays avaient obtenu un plafond de 30 000 tonnes au lieu des 33 000 de 2004, loin des 5 000 tonnes suggérées par le Ciem » explique le journal.
L’unité de vue des français et des espagnols a disparu ce printemps. Sergi Tudela, spécialiste de la pêche au WWF, explique que « Français et Espagnols ont recours à deux techniques de pêche très différentes. Grâce à leur avance technologique, les Français sont beaucoup plus efficaces. Ils arrivent donc encore à pêcher des anchois. »
Ainsi les Espagnols, constatant une baisse considérable de leurs prises, se sont rangés à l’avis de la Commission, alors que les Français, qui ramènent encore du poisson dans leurs filets, refusent d’arrêter.
« Etre privé de son gagne-pain est très dur, reconnaît la porte-parole de Joe Borg, le commissaire européen chargé de la pêche. Mais si les pêcheurs français ne font pas ce sacrifice aujourd’hui, ils risquent de ne plus jamais pouvoir pêcher l’anchois. » [2]
[1] La Commission avait initialement envisagé une interdiction de six mois.
[2] Selon un professionnel, 450 pêcheurs et 2 000 personnes vivent de la pêche à l’anchois sur la façade atlantique.