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Dans une intervention à l’Assemblée, le 16/04/08, la députée Verte Martine Billard a soulevé la question des agrocarburants « dans le contexte de restriction du pouvoir d’achat dans notre pays et d’émeutes de la faim dans d’autres pays ».
Elle a expliqué la flambée des prix agricoles du fait de la concurrence pour l’utilisation des terres dédiées à la filière des agrocarburants et de la spéculation. « Se dégageant du marché immobilier nord-américain en déroute, les fonds de pension se sont en effet tournés vers les marchés agricoles mondiaux car les politiques publiques d’aide à la substitution du pétrole leur garantissent des profits élevés. Citons le cas des États-unis, qui soutiennent la production d’éthanol de maïs dont le rendement énergétique est pourtant très faible. En 2007, le cours du maïs a augmenté de 33 % à la bourse de Chicago alors que les cours du blé et du soja doublaient, » a-t-elle expliqué.
Rappelant que les agrocarburants de première génération, hormis ceux tirés la canne à sucre, ont un rendement énergétique dérisoire, elle a redit la demande des Verts de mettre fin aux exonérations fiscales dont bénéficie leur production et elle a demandé la « suppression de l’objectif d’utilisation de 5,75 % d’agrocarburants dans les moteurs d’ici à 2010, dans l’attente de la mise au point du procédé dit de deuxième génération, à base de résidus végétaux et non plus de céréales. »
« Rouler au Nord ou manger au Sud, il va falloir choisir ! » a-t-elle affirmé, provoquant les exclamations sur les bancs de l’UMP.