Roms : entre expulsion et intégration

mercredi 29 août 2007.

Selon le site Actualités Sociales Hebdomadaires (ASH), l’évacuation, le 28/08/07, d’un campement de Roms Roumains à Vénissieux (près de Lyon), qui "fait suite à l’évacuation du ’camp de la soie’ à Villeurbanne le 1er août dernier", s’inscrit dans le projet de la préfecture du Rhône "d’éradiquer les bidonvilles de l’agglomération lyonnaise".

Sur les 290 personnes du campement, une soixantaine avaient semble-t-il quitté les lieux avant l’opération. 137 des personnes délogées ont accepté la procédure de retour volontaire, qui prévoit une aide de 153 euros par adulte et de 47 euros par enfant. Et 47 ont été autorisées à rester sur le territoire français, dans le cadre d’un projet d’intégration.

« Au-delà de cette procédure d’évacuation en application d’une décision de justice (en l’occurrence prise par le tribunal de grande instance de Lyon le 9 juillet dernier), le cas de Vénissieux illustre une nouvelle tendance à tenter d’organiser et d’encadrer ces opérations, pour éviter que ces Roumains n’aillent simplement grossir les rangs des bidonvilles voisins, » explique ASH.

Cette politique s’appuie sur l’ANAEM (Agence nationale de l’accueil des étrangers et des migrations), qui rassemble maintenant les missions et les moyens de l’Office des migrations internationales (OMI) et du Service social d’aide aux émigrants (SSAE), notamment pour assurer la mise en oeuvre du contrat d’accueil et d’intégration (CAI), institué par la loi du 18 janvier 2005.

Avec ce cadrage et cette volonté, au moins partielle, d’intégration, « quelque chose semble avoir changé », d’après Libération du 29/08/07. « Comme à l’habitude, l’interprète a demandé par mégaphone aux familles de rassembler leurs affaires, puis de se mettre en rang vers la sortie, où un bus les attendait. Mais les forces de l’ordre sont restées calmes, presque polies. Ces dernières années, le peu de biens appartenant aux roms passait à la broyeuse lors de ces opération, » explique le journaliste du quotidien.

Olivier Brachet, directeur général de "Forum ­réfugiés", spécialisé dans ­l’accompagnement des demandeurs d’asile, et qui pilote aussi les opérations de relogement provisoire des familles expulsées confirme : « Pour la première fois, des solutions sont proposées simultanément. En même temps que l’on évacue un terrain, on propose un choix. Celles qui ont un emploi ou sont proches d’une embauche ont des titres de séjour, les autres ne perdent pas tout en acceptant le rapatriement. »

A l’heure de l’entrée progressive de la Roumanie dans l’Union européenne, il semblait inconcevable, en effet, que les choses n’évoluent pas, au moins un peu.

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