J.O. difficile révolution culturelle

jeudi 16 août 2007.

Une cérémonie marquant le début de la dernière année avant les Jeux Olympiques 2008 s’est déroulée sur la place Tiananmen, à Beijing, le 8 août dernier,

La cérémonie, qui a réuni quelque 10.000 personnes, ponctuait une semaine de travail des membres des 198 Comités Nationaux Olympiques auxquels étaient présentés les sites et les installations qui doivent accueillir leurs 10.500 athlètes.

« Les participants ont pu vivre sur place ce que le président du CIO, Jacques Rogge, évoquait dans son discours d’ouverture en parlant de préparatifs impressionnants et de sites à la pointe du progrès, » peut-on lire dans le communiqué du Comité International Olympique publié à cette occasion.

L’événement à venir contraint la Chine à faire bonne figure, en effet. Mais, sur certains plans la "révolution culturelle" semble difficile.

Ainsi, depuis le 1er janvier 2007, sont entrés en vigueur des règlements qui apportent théoriquement de nouvelles libertés pour les journalistes étrangers accrédités en Chine.

Le « Guide des services pour les médias étrangers » publié sur le site Internet du Comité d’organisation des Jeux Olympiques de Pékin stipule en particulièrement que « les règlements sur les Activités des journalistes étrangers qui rapportent des informations s’appliqueront à la couverture des Jeux Olympiques de Pékin et à la période préparatoire, ainsi qu’aux questions politiques, économiques, sociales et culturelles de la Chine, par des journalistes étrangers, en conformité avec les lois et réglementations chinoises. » Ces règlements autorisent notamment les journalistes à conduire librement des entretiens avec tout citoyen ou toute organisation chinoise qui y consent.

Mais avant de se réjouir trop vite, quelques précisions semblent nécessaires :
- il s’agit de « règlements temporaires », en vigueur depuis le 1er janvier 2007 jusqu’au 17 octobre 2008
- ils semblent très imparfaitement appliqués
- les journalistes chinois n’en bénéficient pas .

Sur ce sujet, Human rights Watch vient de publier un rapport (en anglais) d’une quarantaine de pages sur la situation des journalistes en Chine. Il en ressort que si les réglementations temporaires ont favorisé le travail de certains journalistes, c’est loin d’être le cas général.

« Les journalistes étrangers ont été le plus souvent harcelés, détenus et intimidés pour avoir enquêté sur des histoires jugées sensibles par le gouvernement chinois, comme par exemple la situation des dissidents politiques, le Tibet, l’épidémie de SIDA ou sur des problèmes de « stabilité sociale » en particulier tout ce qui touche à des manifestations ou des émeutes contre les autorités locales, » indiquent, dans un communiqué, Human Rights Watch, qui cite un cas où « le ministère des Affaires étrangères a fait activement pression sur une agence de presse étrangère basée à Pékin pour saborder la couverture d’un sujet « sensible » par un de ses bureaux en dehors de la Chine, et a exercé des représailles en refusant un visa de travail quand l’agence de presse a refusé de s’exécuter. »

Le rapport documente également la surveillance et les pressions de plus en plus étroites auxquelles sont en butte les Chinois qui sont assistants, chercheurs, traducteurs ou sources de journalistes étrangers, ainsi que la censure appliquée à la diffusion d’informations locales « afin qu’elles respectent les objectifs de propagande officielle. »

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