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Rappelons que la Nouvelle Calédonie dispose d’un patrimoine écologique très riche, que ses richesses minières sont pillées depuis longtemps sans grande considération pour les peuples autochtones et que la mer représente encore un garde-manger naturel.
C’est même ce dernier point qui fait que se développe encore plus la contestation. Les populations locales, de Goro, Yaté, jusqu’à l’Île des pins ou Nouméa, n’ont aucune certitude et au contraire de grandes craintes. L’entreprise, comme toujours, reste dans le vague et n’apporte des précisions que quand la pression est suffisamment forte. Faut-il encore rappeler que la construction même de l’usine est illégale et que ses responsables ont décidé de continuer "à [leurs] risques et périls" ? Que cette usine n’aurait jamais vu le jour si les lois de protection de l’environnement avaient été similaires à celles de France ou d’Europe ?
Ce tuyau aurait dû traverser un lieu sacré pour les tribus locales, puis dans un autre projet passer par une grande case. Maintenant il va directement en mer, et pourtant...
Le patrimoine écologique que traverserait le tuyau est extrêmement riche, avec un forêt d’aiguilles sous-marines exceptionnelle, bien plus accessible à l’observation scientifique que l’autre unique site connu au monde, lui à plus de huit cent mètres de profondeur. L’Etat français s’active pour que le lagon corallien soit classé au patrimoine mondial de l’Unesco et en même temps feint d’ignorer les dégâts qu’engendrerait ce tuyau et reste sourd au refus des populations locales, regroupées dans le collectif Rheebu Nuu . On est très loin de tout type de Grenelle de l’environnement et bien plutôt revenus aux temps des colonies, quand le profit de quelques-uns refusait toute intelligence aux peuples autochtones.
Avec les populations kanaks, des associations et collectifs de défenseurs de l’environnement se mobilisent. Ainsi la Coordination de défense du sud, qui regroupe sept associations, a organisé une manifestation le 9 février qui a rassemblé population locale et soutiens, principalement de Nouméa. Le tuyau et les pollutions qu’il engendrerait semblent enfin montrer au grand public les dégâts irréversibles liés au projet Goro Nickel. Les populations demandent aux politiques de prendre leurs responsabilités, pour l’information, la protection des populations et la préservation d’un environnement reconnu comme exceptionnel, pour la science comme pour le développement d’un tourisme... durable.