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Le Centre International de Recherche sur le Cancer (IARC) vient de publier une étude statistique portant sur les cas de cancers constatés, en France, au cours de l’année 2000.
La publication des différents documents qui la composent, accessibles (en anglais) sur le site de l’IARC, n’a pas vraiment suscité un consensus évident.
Au coeur de l’étude, l’affirmation que le tabac et, dans une moindre mesure, l’alcool sont, de loin, les premières "causes avérées" du cancer.
Et l’interprétation corrélative, relayée par Le Figaro, par exemple, que « contrairement à certaines allégations, estime le rapport, le nombre de cancers liés à la pollution est faible en France, de l’ordre de 0,5 %. Il pourrait atteindre 0,85 % si les effets de la pollution atmosphérique étaient confirmés. »
Les données en question sont ainsi synthétisées dans le tableau ci-dessous :

On y voit effectivement la prépondérance de la cause "tabac", notamment dans la population masculine. La ligne Occupation représente ce qui relève des expositions professionnelles à des substances cancérogènes – ou suspectées de l’être.
Les causes identifiées représentent, on le voit, un peu plus de 45% des cancers recensés.
Reste donc plus de la moitié des cas, sur l’origine desquels les médecins n’ont pas fourni d’explication.
Faut-il extrapoler, pour cette deuxième moitié les résultats de la première ? Ou faut-il penser, avec le professeur Belpomme, que de très nombreux de ces cancers sont « liés aux modifications chimique, physique et biologique, de notre environnement, en particulier aux fameuses substances CMR (cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques), qui sont internationalement reconnue comme pouvant être à l’origine de cancers. » (source) ?
« Il n’y a pas de consensus concernant l’influence de la pollution atmosphérique sur l’incidence des cancers du poumon ni aux Etats-Unis, ni en Europe, » reconnait le rapport de l’IARC. « Comme dans le cas des changements climatiques, il faudrait envisager la création de groupes internationaux, ainsi que le lancement d’études sur des cohortes suffisamment vastes, » suggère-t-il. Effectivement.