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Le projet de SDRIF, a été voté par le Conseil régional d’Ile de France le 15 février 2007, après deux ans de concertations et de consultations multiples avec les acteurs locaux (élus, représentants socio-économiques et associations).
Il est actuellement soumis pour avis à chacun des huit Conseils généraux, au CESR et aux Chambres consulaires. A l’automne (octobre/ décembre), ce projet de SDRIF assorti des avis rendus fera l’objet d’une enquête publique sur l’ensemble du territoire régional. Il sera enfin soumis au Conseil régional au printemps 2008.
C’est, du moins, ce qui a été engagé et était prévu, comme on en trouve la trace sur le site du SDRIF.
Mais il semble que le nouveau président de République et son premier ministre ont décidé que les choses n’étaient pas engagées à leur guise par la région (dont les élus sont majoritairement de gauche).
Dans un courrier adressé le 11/07/07 au président de région, le premier ministre François Fillon estime qu’« il convient de doter l’Ile-de-France d’un projet ambitieux qui lui fait aujourd’hui défaut », que « le projet de SDRIF révisé que vous venez d’approuver n’est manifestement pas compatible avec une telle ambition » et que « il est donc nécessaire d’en différer la présentation au public, afin de soumettre à l’enquête publique le moment venu un document traduisant réellement cette ambition pour l’Ile-de-France. »
Quel est le projet de M. Fillon ? « Porter l’ambition de la croissance et de l’excellence économique » en mettant la priorité sur les « pôles d’excellence » que constituent les quartiers d’affaires, aéroports et autres projets de développement et « attirer une population active en adéquation avec les besoins du développement économique ».
Dans une tribune publiée par Le Monde le 12/07/07, les élus Verts n’ont pas tardé à réagir, pour s’élever tant contre le fond que contre la méthode.
Pour Denis Baupin, Catherine Candelier et Mireille Ferri, le projet de SDRIF constitue une réelle avancée : « ce schéma directeur s’attaque à toutes les vaches sacrées du développement économique gaullo-productiviste : il souligne le nécessaire rééquilibrage Est-Ouest, il prône la fin de l’étalement urbain par une densification raisonnée du coeur d’agglomération, la construction de 60 000 logements par an (dont 30 % de logements sociaux y compris dans les villes les plus riches), la priorité aux transports collectifs. Le Sdrif remet en cause les vieilles conceptions de l’aménagement du territoire qui ont amené à ce que des villes et des quartiers soient laissés en déshérence. Il promeut un aménagement qui anticipe les mutations climatiques et énergétiques à venir en mettant en avant le concept de ville dense et multifonctionnelle, » estiment les trois élus Verts.
Ils mettent aussi en cause la méthode de Nicolas Sarkozy, qualifié de « grand "recentralisator" » et s’inquiètent : « Au moment où les grandes démocraties européennes fondent leur développement sur la dynamique régionale et le fédéralisme, la France serait-elle en passe d’en revenir aux archaïsmes du jacobinisme, de la centralisation à outrance, de la mise sous tutelle des collectivités locales ? »