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Le 4e rapport sur la mise en oeuvre de la Stratégie nationale de développement durable 2003-2008 (.pdf de 2.4 Mo) est un document, illustré, de 32 pages.
Le rapport, qui estime qu’il faut maintenant « transformer l’essai, de généraliser, d’étendre la démarche de prise en compte du développement durable à l’ensemble du territoire national et des parties prenantes » constitue la contribution de la France au rapport de situation de la Commission européenne sur l’intégration par les Etats membres des objectifs de la Stratégie européenne de développement durable (SEDD), qui doit être établi pour le Conseil d’automne 2007.
Si l’on peut y glaner quelques données ici ou là, l’intérêt du document réside surtout dans son caractère synthétique. Il constitue un tableau général d’une manière d’appréhender la question du développement durable.
L’exercice n’est pas inintéressant et suscitera, peut-être, des analyses critiques de l’économie générale du texte qui ne manqueront pas non plus d’intérêt.
En lui-même toutefois, au-delà de l’intérêt de la synthèse, la lecture du rapport est source de déceptions.
C’est le cas du paragraphe sur les spécificités nationales en matière de "transport durable" qui est ainsi rédigé :« On peut souligner la part des déplacements de proximité dans la demande de transports (60 % des émissions sont le fait des véhicules particuliers, et parmi ce pourcentage, les déplacements de moins de 100 km représentent 75 % des déplacements : 25 % en milieu urbain, 50 % en milieu rural et périurbain). Le tourisme est également un générateur important de transport. Le transport et ses émissions de gaz à effet de serre sont donc loin d’être liés uniquement au transport routier de marchandises, même si cette catégorie est l’une de celle qui croît le plus. »
On n’en saura pas plus, alors qu’ici, quelques chiffres et quelques courbes auraient utilement remplacé la photo floue d’une voiture roulant dans la campagne.
Dans le même chapitre est mentionné l’objectif de l’augmentation de l’incorporation des agro-carburants (que le rapport nomme encore "biocarburants" [1]), sans que soient indiqués les moyens et les conséquences de cette croissance, ni interrogé son caractère durable.
Il en va ainsi de l’énumération des avancées réalisées (sites Natura 2000, parcs nationaux, etc.) et de celles qui devraient intervenir bientôt (réglementation REACH, définition mi-2007 d’une stratégie nationale d’adaptation aux conséquences du changement climatique, etc.), mentionnées de manière complètement acritique.
Signe, toutefois, d’un hiatus entre cette présentation positive de la politique française de développement durable et la réalité, le rapport se conclut sur un tableau qui liste 12 indicateurs de la situation à fin 2006.
8 de ces indicateurs signalent un effort insuffisant (l’un évoquant même un niveau critique) et le fait que la France se situe presque toujours dans la moyenne européenne ou mieux est une maigre consolation [2].
[1] Sur la question des agro-carburants.
[2] Ce tableau comporte une erreur de légende à ce sujet.