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Ces pages noires de l’histoire ont été longtemps tues. Le 8/05/07, des élus Verts d’Ile de France ont souhaité se souvenir et rendre hommage.
Voici une grande partie de la déclaration de Jean-Marc Brûlé, conseiller régional Vert, prononcée à cette occasion.
« Le 8 mai est bien sûr un jour de commémoration de la victoire sur l’Allemagne nazie, Mais c’est aussi un jour de deuil, que nous souhaitons commémorer cette année, et les années qui viennent.
En effet, ce même jour, le 8 mai 1945, a commencé une répression de l’armée française d’occupation en Algérie, contre le peuple algérien, dans tout le Constantinois, de Sétif à Guelma.
A la suite d’une Manifestation pacifique de célébration de la victoire, mais qui fut aussi une occasion pour les patriotes algériens d’exprimer une revendication d’indépendance et d’égalité, la police a pris prétexte de la présence du drapeau algérien, pour tirer sur la foule et tuer des innocents.
Ce jour-là, ce fut le début d’une répression qui a causé des dizaines de milliers de morts, et qui dura, dans toutes les campagnes du Constantinois, jusqu’au 25 mai.
Répression due à l’armée française, à des milices organisées par les colons, mais aussi par des prisonniers de guerre qu’on avait armés ! Répression voulue par l’Etat français qui avait peur d’une révolte générale dans tout le pays pour l’indépendance.
Répression qui fut le cadre d’atrocités qu’on n’oubliera jamais : charniers, corps brûlés dans des fours à chaux, massacres collectifs dans les villages et sur les plages, etc.
Une répression horrible, et terriblement injuste.
Car, en effet, depuis plusieurs années, les maghrébins avaient payé par le sang le droit à l’indépendance.
En effet, dès 1943, des soldats venus du Sud, venus d’Afrique, avaient pris part aux campagnes de Tunisie, d’Italie et de France. Peu de gens savent que ce sont les tirailleurs marocains qui ont libéré la Corse ; que ce sont les tirailleurs algériens, aidés par les FFI, qui ont libéré Marseille, Toulon, Lyon et Mulhouse ; et qu’ils étaient nombreux, ces Algériens, Marocains et Tunisiens, dans la fameuse 2e DB du général Leclerc qui a libéré Paris ; et qu’ils étaient parmi les premiers soldats alliés à traverser le Rhin et à fouler le sol allemand.
Et pourtant, rappelons-nous qu’à la même époque, en Inde, le Mahatma Gandhi et le Parti du Congrès avaient négocié une trêve dans leur lutte pour l’indépendance et leur participation à l’effort de guerre anglais, contre le droit à cette même indépendance après la guerre. Ce qui fut fait le 15 août 1947.
L’Algérie, son indépendance, elle, elle l’a gagné au prix d’une guerre stupide où ont péri autour d’un demi-million de morts des deux côtés, de 1954 à 1962.
Nous réclamons donc que le massacre de Sétif soit commémoré chaque année, en France comme en Algérie, pour garder en mémoire cette colonisation qui fit tant de mal, mais aussi pour pratiquer la repentance et le pardon, condition nécessaire à une amitié plus forte et plus respectueuse entre Français et Algériens, mais aussi entre tous les Français, quelle que soit leur origine. (...) »