Trois réactions

lundi 7 mai 2007.par Philippe Ladame
 
Le succès de Nicolas Sarkozy, s’il a vite déclenché les phrases assassines qui font la petite politique de tous les jours, a aussi suscité des réflexions plus profondes sur lesquelles il n’est pas inintéressant de s’arrêter.

Pour Dominique Voynet, candidate des Verts à cette présidentielle, l’élection de Nicolas Sarkozy constitue un « grand bond en arrière ».

Sur son blog, elle invite les écologistes à ne pas baisser les bras. « Loin des clivages artificiels entre une gauche de gouvernement, prompte à se renier quand elle accède au pouvoir, et une gauche radicale, qui refuse soigneusement de se mettre en situation de l’exercer, il nous faudra résister, avec le souci de protéger les plus modestes, qui seront les premières victimes des mesures prises par le nouveau gouvernement ; il nous faudra restaurer les fils du dialogue avec les citoyens, rompus de longue date et jamais véritablement renoués ; il nous faudra renouveler notre réflexion en profondeur, » estime-t-elle.

A chaud, Alain Lipietz tente, de son côté, d’analyser, sur son site, les causes de l’échec.

Derrière les erreurs du Parti Socialiste (qui a cédé à l’apparente efficacité de l’argument "vote utile" et qui n’a pas su se saisir du projet de 6ème République), il évoque « les profondes divisions et la paralysie d’une gauche sortie en lambeau des débats sur la laïcité et sur le referendum constitutionnel européen. »

« La gauche n’a pas su inventer une voie pour le XXIe siècle, mettant au centre de son projet les défis des crises écologiques et de la mondialisation, dont les réponses sont essentiellement européennes, ni une version renouvelée, plus participative, de la « sécurité » (sécurité de l’emploi, sécurité contre la solitude et les peurs de la vieillesse…), ni une revalorisation du travail fondée d’abord sur la qualification et la participation de tous, » déplore-t-il.

Dans une tribune de Libération, Paul Alliès, professeur de sciences politiques à l’université de Montpellier, insiste, pour sa part, sur la manière dont la gauche s’est perdue dans la Ve République.

Il rappelle les propos de Pierre Mendès France, il y a quarante ans : « Je mets au défi quelque homme politique que ce soit d’entreprendre demain une authentique démocratisation de l’enseignement, de modifier la répartition du revenu national au profit des classes défavorisées, d’assurer le contrôle par la puissance publique des positions dominantes de l’économie, d’assurer le respect des libertés fondamentales et des droits de l’homme [...] si les problèmes institutionnels n’ont pas d’abord reçu une solution correcte, si l’on n’a pas fait le choix des leviers qu’il conviendra d’employer. »

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