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La Ville de Paris s’est pour le moment illustrée par la privatisation du mobilier urbain en se liant à l’affichage publicitaire (notamment JCDecaux et ClearChannel) pour des dizaines d’années. Le dernier épisode a été celui des vélos en libre service, liés au marché des mobiliers d’affichage publicitaire.
Certes, quelques avancées ont été obtenues grâce aux Verts pour un meilleur contrôle des contenus des publicités, qui ne doivent pas être en contradiction avec la politique municipale (4x4, publicité sexiste, ou sur la qualité de l’eau du robinet...). La lutte contre cette pollution a connu quelques avancées, notamment un amendement au budget a augmenté de 50% les tarifs de droits de voirie pour les publicités sur le principe pollueur-payeur. Il faudrait aller plus loin "en encadrant mieux l’utilisation de ces panneaux, par exemple en interdisant le fonctionnement la nuit. Cela permettrait de consommer moins d’énergie et de faire moins de bruit." a souligné Charlotte Nenner.
Un exemple nous est donné par la RATP sur les panneaux en sortie de métro : "ces panneaux sont déroulants mais souvent il s’agit de la même affiche. On comprend l’intérêt d’avoir une affiche qui bouge plutôt qu’une affiche statique." Nous sommes loin de l’effficacité énergétique...
Un autre bon point a été la suppression des Zones de Publicité Elargie (ZPE) autour du boulevard périphérique, des gares et de certaines places et boulevards, ce qui pourait entraîner la baisse de 30 à 40% du nombre de panneaux publicitaires à la Porte de la Chapelle.
Selon Paysages de France, ce projet de règlement local de publicité "redéploie, en l’aggravant parfois, la pollution engendrée par la présence de milliers de panneaux publicitaires dans le paysage parisien".
Les points en recul concernent notamment les dispositifs que ce nouveau RLP autoriserait : il s’agit des écrans plasma et des véhicules pelliculés (smarts, bus...). Autre point négatif, le projet de RLP entérine le développement important de l’usage des panneaux défilants alors qu’on avait jusqu’à présent des panneaux fixes (par exemple pour les Mobiliers urbains publicitaires, 20% de mobiliers en moins mais 220% d’affiches publicitaires en plus). Enfin, le RLP autoriserait la pose de panneaux publicitaires dans une bande de 4 mètres à l’intérieur des espaces verts.
Le Collectif des déboulonneurs (dont Citron-vert avait déjà parlé) "demande donc à la municipalité parisienne de mettre en oeuvre un RLP comportant ses principales revendications, ouvrant ainsi la voie à une nouvelle législation nationale" notamment une taille maximale des affiches fixée à 50 x 70 cm."
Selon une motion votée par le Conseil départemental des Verts-Paris le 24 avril 2007, les Verts font pression pour obtenir la diminution plus forte de la densité des panneaux publicitaires et une meilleure protection des espaces verts (interdiction totale) et les abords des écoles (augmenter l’interdiction des panneaux à un rayon de 100 mètres). Enfin, ils souhaitent lutter contre les publicités polluantes : panneaux déroulants (consommateurs d’énergie…), véhicules publicitaires ou publicité sur les véhicules, écrans de télévision sur l’espace public (pollution visuelle). Les Verts sont des compagnons de route de cette résistance civile, et comme le note le Collectif des déboulonneurs, "plusieurs élu-e-s locaux de ce parti viennent de longue date soutenir physiquement les actions de barbouillage", comme René Dutrey, premier adjoint au maire du 14ème, Charlotte Nenner, conseillère de Paris et adjointe au maire du 10ème déléguée aux transports et à la voirie ou encore Jacques Boutault.
Les tensions internes au Parti Socialiste dans ces histoires de sous ne font pas avancer le dossier en vue d’un règlement plus ambitieux. Pour Bruno Rebelle, le conseiller de Ségolène Royal, "une des dispositions qui pourrait être explorée est l’idée de limiter par la loi la surface maximum d’espace publicitaire qui serait autorisé pour un certain nombre d’habitants. Cette limitation permettrait aux collectivités locales d’échapper aux pressions qu’elles peuvent subir pour approuver l’installation de nouveaux panneaux ou enseignes." Sera-t-il entendu par les socialistes parisiens ? Pour le moment, le PS se refuse à une quelconque renégociation du texte. Un débat participatif peut-être ?