![]() |
Une étude vient d’être présentée le 25 avril au Parlement européen, qui met en lumière les dommages causés à l’environnement par les navettes du Parlement européen entre ses deux sièges de Bruxelles et Strasbourg.

« L’étude réalisée à la demande de deux eurodéputées vertes du Royaume-Uni, Caroline Lucas et Jean Lambert est la première étude jamais réalisée relative à l’impact sur le climat du maintien de deux sièges par le Parlement européen. Elle démontre, preuves à l’appui, que ces seuls déplacements engendrent une quantité excédentaire importante d’émissions de CO2 - d’environ 20 000 tonnes par an » (source Sinople, Centre d’étude et d’initiatives des Verts français au Parlement européen)
Cette étude (format pdf, 761 ko, en anglais) a été réalisée par le Professeur John Whitelegg, chargé du transport durable au "Stockholm Environment Institute" de l’Université de York. Elle mesure les émissions de CO2 produit tous les mois par les voyages de Bruxelles à Strasbourg effectués par des députés européens, leurs invité(e)s, leur staff et les journalistes, par le transport des marchandises entre les deux sites et par la consommation de l’énergie nécessaire au maintien des deux bâtiments du PE.
Il s’agit là de la première étude sérieuse et bien documentée de l’impact environnemental et climatique que pourrait avoir un Parlement européen n’ayant plus qu’un seul siège, basé à Bruxelles.
L’étude précise que la fin des sessions parlementaires de Strasbourg permettrait d’économiser le coût du voyage mensuel de 2000 fonctionnaires et interprètes, de presque 1000 assistants, de journalistes et de lobbyistes, de 785 députés européens, d’une quinzaine de camions chargés de cantines contenant les documents nécessaires au bon déroulement des sessions.
Lors du lancement de cette étude, Caroline Lucas a déclaré : « Nous savons déjà que la multiplicité des sièges du Parlement européen coûte plus de 200 millions d’Euros aux contribuables européens, mais nous avons maintenant la preuve des dommages causés au climat par ce cirque ambulant que représentent les nombreux déplacements du Parlement européen. Un excédent d’au moins 20 000 tonnes de CO2 est dégagé dans l’atmosphère chaque année. C’est l’équivalent des émissions générées par 13 000 allers-retours de passagers volant entre Londres et New York ! »
Paradoxe : l’UE se positionne comme le garant de la lutte contre les changements climatiques." Pendant combien de temps les chefs d’états et de gouvernements de l’UE vont-ils encore jouer à l’autruche et refuser de mettre fin à ce manège ridicule qu’une majorité claire de citoyens et de députés européens réprouve ?" demande pour sa part Jean Lambert.
A cette occasion, le Groupe des Verts/Ale a également présenté un éventail de mesures concrètes que le PE pourrait prendre pour diminuer l’impact de son fonctionnement sur l’environnement. "Le Parlement européen va se prononcer aujourd’hui sur l’éventuelle constitution d’une commission temporaire sur les changements climatiques. Avant de jeter la pierre aux autres, nous devrions d’abord balayer devant notre porte. La crédibilité du Parlement européen est minée par le paradoxe de conserver un parc de voitures polluantes alors que les parlementaires ont pour tâche d’élaborer une législation ayant pour but de fixer des plafonds d’émissions de CO2 pour les véhicules, ou bien qu ’ils débattent des objectifs européens pour les énergies renouvelables alors que le Parlement européen n’a recours à aucune énergie renouvelable pour sa propre consommation. Notre tâche est aussi de réduire l’impact négatif du PE sur le climat." (déclaration de Monica Frassoni, Coprésidente des Verts/ALE et Claude Turmes, porte-parole du Groupe des Verts/Ale pour l’énergie). [1]
[1] On pourra également consulter le document "Verdir le Parlement européen" (pdf, 377 ko, en anglais).