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La première partie des travaux du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC), rendue publique en février à Paris, avait pour objet les éléments scientifiques de compréhension et d’anticipation du réchauffement. Le deuxième des trois groupes de travail thématiques du GIEC traite de la sensibilité, de la capacité d’adaptation et de la vulnérabilité des systèmes naturels et humains au changement climatique.
Le sujet est politiquement plus sensible et le groupe d’experts qui s’est réuni cette semaine à huis clos à Bruxelles a adopté un texte in extremis, au terme de cinq jours de discussions - dont une séquence finale de plus de vingt-quatre heures ininterrompues. En effet, ce rapport a fait l’objet d’âpres négociations avec les Etats-Unis, la Chine et l’Arabie Saoudite qui souhaitaient voir le texte édulcoré et minimisés les risques du réchauffement climatique (sans doute au regard de leur propre responsabilité).
Actu Environnement [1] commente les conclusions du Groupe II du GIEC, extraits :
« En effet, alors que le rapport du Groupe I consistait à chiffrer la responsabilité des activités humaines et préciser l’ordre de grandeur du réchauffement à venir, le rapport du Groupe II revêt un caractère encore plus polémique, car en demi-teinte du bilan des difficultés non seulement environnementales, mais aussi économiques et sociales à venir, se profilent d’ores et déjà les notions de responsabilités. …
… Le GIEC évalue par ailleurs avec plus de précision que dans ses rapports antérieurs les impacts du réchauffement à l’échelle régionale. Il définit notamment quatre régions particulièrement sensibles : l’Arctique, l’Afrique, les petites îles et les grands deltas asiatiques. …
… Les scientifiques préviennent également que ce seront les populations les plus pauvres, même dans des sociétés prospères, qui seront les plus vulnérables au changement climatique. … Le GIEC dresse également la longue liste impacts économiques et sociaux (accès à l’eau, ressources énergétiques, rendements agricoles, mouvements de populations…) que les événements météorologiques extrêmes tels que canicules, inondations, sécheresses, cyclones tropicaux, élévation extrême du niveau de la mer pourraient avoir dans la seconde moitié du 21ème siècle. …
… C’est dans ce contexte que le dernier Groupe de travail (III) du GIEC qui a pour mission d’évaluer les solutions envisageables pour limiter les émissions de gaz à effet de serre ou atténuer de toute autre manière les changements climatiques, se retrouvera à Bangkok, du 30 avril au 3 mai. Une synthèse de l’ensemble des trois groupes de travail sera faite dans le cadre d’une réunion plénière, à Valence en Espagne, du 12 au 16 novembre. …
… Face à ces perspectives, les politiques ont clairement la responsabilité de tout mettre en œuvre pour limiter les impacts du réchauffement pour les prochaines décennies. » (source : Actu Environnement).
Le Résumé adopté par le Groupe II du GIEC comporte déjà, de fait, un volet sur les "réponses" à apporter ; pas de solution miracle ; il y est question de promotion du développement durable, de soutien à la recherche technologique, d’adaptation des agricultures, etc… Autant de mesures qui (si elles étaient adoptées) pourraient trouver des financements dans les pays riches, mais poserons de toute façon un grave problème dans les pays pauvres.
[1] Actu Environnement a publié un dossier sur le GIEC, qui donne accès au ’Texte officiel du rapport’ et à son ’Résumé pour les décideurs’ – tous deux en anglais.