Les déchets du Probo Koala en Isère

samedi 3 mars 2007.par Philippe Ladame
 
S’il est juste que l’Europe se charge de l’élimination des déchets meurtriers du Probo Koala, encore faut-il que leur traitement se fasse au mieux et en toute transparence, estiment les Verts d’Isère.

Le texte ci dessous, qui porte la signature de Hervé Legrain, est l’un de ceux qui ont été publiés dans l’Echo Vert N°60, la revue trimestrielle des Verts de l’Isère. Ces textes viennent d’être mis en ligne.

Fin Août 2006 à Abidjan, en Côte d’Ivoire, un bateau déverse, sous escorte policière, sa cargaison toxique dans une décharge en plein air. Bilan des émanations : 10 morts, 69 hospitalisations. L’Afrique est encore une fois prise pour la poubelle de la société occidentale. Pourquoi ?

Les déchets du Probo Koala (140 conteneurs et 38 citernes) reviennent aujourd’hui en Isère, à Salaise sur- Sanne, pour être incinérés par la société Tredi. Alors que sortent les conclusions des études de l’Institut National de Veille Sanitaire révélant le pouvoir cancérigène des incinérateurs, les populations s’inquiètent et réclament à juste titre plus de sécurité et d’information.

Les militants Verts, les associations environnementales locales et les riverains souhaitent que les ministères et leurs administrations délivrent le plus d’informations possibles.

Dès lors, est-il normal que ce soit la société Tredi qui informe les populations ?

La DRIRE et la DASS n’ont-elles rien à dire ? Depuis des années, la Commission Locale d’Information de l’incinérateur ne fonctionne pas de façon régulière. Cela suscite la méfiance même si la ministre de l’écologie a annoncé la tenue d’un comité spécial déchets qui se réunira régulièrement.

Nous, militants Verts avons visité les installations avec Dominique Voynet le 19 décembre. Nous avons alors appris qu’un four avait dépassé la norme autorisée pour les dioxines. L’exploitant assure que « le dépassement reste dans les tolérances », que des travaux seront faits et que tout sera aux normes pour l’arrivée des déchets.

Le ministère et les collectivités annoncent des analyses, également dans les jardins et sur les animaux alentour, par des laboratoires indépendants. Des batailles d’experts vont s’engager. On sait pourtant aujourd’hui qu’il n’y a pas d’incinération sans pollution. D’autant que les incinérateurs de TREDI sont loin d’être les seuls sur le secteur à rejeter des substances nocives.

Autre question : quelle est la nature de ces déchets ? hydrocarbures, nous dit-on, mais alors pourquoi ont-ils causé 10 morts en Côte d’Ivoire ? Les Verts demandent que la vérité soit faite sur la nature des produits et met en garde le personnel de l’usine lors de son traitement. Enfi n, il faut que soit appliqué de façon implacable le principe pollueur-payeur, que les vrais coupables payent. Nous suivrons avec attention l’instruction en cours.

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