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Ce jour a été choisi en hommage aux trois sœurs Mirabal, militantes dominicaines assassinées le 25 novembre 1960 par la dictature de Rafael Trujillo. L’Assemblée Générale des Nations Unies définit la violence à l’égard des femmes comme tout acte portant préjudice physique, sexuel ou psychologique, dans la sphère privée comme dans la sphère publique, et pouvant constituer un frein à l’égalité des chances dans les domaines juridique, social, politique et économique. Car les violences faites aux femmes ne s’exercent pas seulement dans un sombre cachot sous une dictature tropicale, mais maintenant, ici et ailleurs, partout dans le monde.
Chez nous, ces violences ne sont que trop connues : c’est la main aux fesses et les sifflets dans la rue, ce sont les coups, les insultes et les humiliations du conjoint, le harcèlement sexuel sur le lieu de travail, les contrats précaires et les temps partiels subis, ce sont les filles que l’on veut marier de force, les femmes contraintes de se prostituer pour vivre, ...C’est également l’hypocrisie de la société : la pub sexiste qui dit qu’une femme est bonne à vendre ou à prendre, l’amnistie présidentielle sur les violences conjugales, une loi qui attaque les prostituées et pas la prostitution, la justice qui refuse d’enregistrer les plaintes des femmes victimes, ... Par contre, on connaît trop peu les chiffres : en 2000 en France [1], durant les 12 derniers mois, 9,5% des femmes ont subi des violences conjugales (physique, sexuelle, verbale ou psychologique), 4% ont subi au moins un acte de violence physique, 1,2% des femmes ont été victimes d’agressions sexuelles, 0,5% ont subi au moins une tentative de viol, ... 13,7% des femmes interrogées, en situation de chômage ou allocataire du RMI, ont subi des actes de violence conjugale au cours des 12 derniers mois ; cette focalisation sur les publics dits "en difficulté" occulte néanmoins les actes commis derrière les double-rideaux des intérieurs bourgeois, tant il est par ailleurs avéré que les violences conjugales concernent l’ensemble des catégories sociales. Cet été, en juilet-août 2004, 29 femmes sont mortes en France de violences conjugales ! Il arrive aussi qu’on meure des violences à petit feu, à force de ne pas être écoutées ou de ne pas être crues.
Tous ces chiffres disent l’ampleur du problème. Ainsi, par exemple, le CIDF du Morbihan a accueilli 3000 personnes en 2003, dont 164 femmes victimes de violences. Sa juriste a reçu 600 femmes et 210 femmes ont bénéficié d’un accompagnement à la recherche d’emploi. Le CIDF remplit un véritable service de proximité et d’utilité sociale.
C’est probablement pourquoi la mobilisation est forte à l’annonce de la fermeture de l’antenne de Lorient prévue à la fin de l’année (voir notre brève du 21/10/04 ). Cette fermeture est officiellement motivée par les difficultés financières que rencontrerait la structure (diminution de financements, notamment de l’Etat).
Des citoyen(ne)s se sont regroupé(e)s pour empêcher que le CIDF ne disparaisse du paysage lorientais et, avec lui, ses missions d’accueil, d’écoute et d’accompagnement des femmes en situation de détresse.
Dans le cadre de la Journée internationale, le Collectif de citoyen(ne)s de soutien au CIDF organise un rassemblement le samedi 27 novembre à 14h00, Place de l’Hôtel de Ville à Lorient, de tou(te)s celles et ceux qui refusent globalement les violences faites aux femmes et souhaitent agir localement.
[1] * les chiffres figurant dans cet article sont extraits du rapport de l’Enquête nationale sur les violences envers les femmes en France (enquête Enveff, commanditée par le Secrétariat aux droits des femmes auprès d’un échantillon représentatif de 6970 femmes âgées de 20 à 59 ans et résidant en métropole)