Prisons : à l’aube d’une profonde transformation de notre système carcéral ?

dimanche 28 janvier 2007.par Yves Caron
 
La prison ne serait-elle qu’un objet d’indignations récurrentes sans suite aucune ? Serait-elle encore à ce point ce lieu de relégation qu’on veut ignorer ? Pour l’Observatoire international des prisons, bien sûr que non : les personnes évoluant dans et autour de l’universel carcéral, en premier lieu les détenus, sont porteuses d’une parole autonome qui doit permettre de profondes réformes.

Il y a un an, l’OIP initiait les "États généraux de la condition pénitentiaire", avec l’appui de dix organisations (CGT, Emmaüs, Syndicat de la magistrature, Ligue des droits de l’homme...). Dans un numéro spécial de sa revue "Dedans dehors" (n°58-59, janvier 2007), l’observatoire revient sur cette expérience.

Tout d’abord, ces "États généraux" sont restitués dans une perspective historique recouvrant ces dernières décennies : 1971 le Groupe d’information sur les prisons (GIP), avec notammment Michel Foucault et Pierre Vidal-Naquet, 1981 l’abolition de la peine de mort et 2000 le témoignage du docteur Véronique Vasseur. Mais si ces événements, et d’autres, ont pu faire des prisons une question politique, on doit constater que ce n’est que trop épisodiquement et que la situation a bien trop peu évolué.

Puis la revue revient longuement sur la démarche des "États généraux", selon ses trois principaux temps : la consultation de 20 000 personnes, principalement des détenus, puis l’élaboration de cahiers de doléances permettant l’écriture d’un manifeste et enfin les engagements des candidats à la Présidentielle face à la "déclaration finale" issue du manifeste.

L’initiative représente déjà un certain succès, par le nombre et la diversité des personnes impliquées. Elle est porteuse d’avenir, puisque sept candidats ont souscrit dans son intégralité à la déclaration qui leur était soumise : François Bayrou, Olivier Besancenot, Marie-George Buffet, Arlette Laguiller, Corinne Lepage, Ségolène Royal et Dominique Voynet (Nicolas Sarkozy avançant d’autres propositions et Jean-Marie Le Pen révoquant l’intérêt de la démarche). Pour l’OIP cette pluralité est un événement, au point de poser cette question dès le début de l’éditorial : "Sommes-nous à l’aube d’une profonde transformation de notre système carcéral ?"


Le numéro est disponible directement sur le site de l’OIP, au prix de 12 €.

L’OIP publie également sur son site et en libre accès, sous forme de fichiers pdf, les "Cahiers de doléances", le manifeste et la "déclaration finale". On y consulte également les réponses des candidats, dont celle de Dominique Voynet.

L’OIP est aussi connu et reconnu pour ses guides, du prisonnier et du sortant de prison, ainsi que pour sa surveillance des prisons françaises.

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