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Nous avions déjà évoqué les travaux de Marc Laimé publiés sur le site Eaux Glacées.
Dans ce nouvel article du 3/01/07, il évoque le colloque qui a réuni près de 400 personnes conviées à entendre les intervenants s’interroger sur les nouvelles orientations des politiques publiques de l’eau dans le contexte de la mise en œuvre de la Directive-cadre européenne d’octobre 2000.
L’auteur souligne pour commencer l’anomalie que constitue le fait que, pour parler des politiques publiques de l’eau, le maître d’oeuvre soit le « Cercle Français de l’Eau », une association créée en 1990 par les trois grandes entreprises françaises du secteur, la Générale, la Lyonnaise et la Saur.
“Les entreprises convient les représentants des plus grands corps de l’Etat, des collectivités locales, des ministères les plus éminents : tout le monde accourt pour débattre de la « gestion raisonnée de l’eau »,” s’étonne-t-il.
L’impression est confirmée à lire l’évocation des diverses interventions. Pierre Victoria, délégué général du Cercle Français de l’Eau, mais aussi responsable de la communication chez Veolia. Thierry Serfaty, directeur de Medic’eau « une discrète antenne du Centre d’Information sur l’Eau (CIEau), l’un des outils de propagande créés par Veolia, Suez et la Saur ». Martine Vuillerme, présidente de la Commission « Distribution de l’eau » de l’Association scientifique et technique pour l’eau et l’environnement (ASTEE), dont « seuls les « professionnels de la profession » savent que Mme Vuillerme est un cadre éminent de Veolia ».
De leurs interventions et de celles des autres participants ressort une appréhension purement technique du problème de l’eau et des solutions à y apporter.
« Cap sur le dessalement, la gestion des eaux pluviales, et le « re-use », la réutilisation des eaux usées, notamment pour l’industrie et l’agriculture.
Le positionnement est loin d’être anecdotique. Face aux problèmes croissants que pose la gestion de la ressource, tant sous l’angle quantitatif que qualitatif, l’option de la « réponse technique », forme de fuite en avant, l’emporte sans conteste sur la remise en cause des pratiques qui sont à l’origine des problèmes quantitatifs et qualitatifs que pose désormais la gestion de l’eau, » regrette Marc Laimé.
« L’article 14 de la Directive-cadre européenne sur l’eau enjoint à tous les états-membres d’associer réellement à l’avenir les citoyens à la définition et à la mise en œuvre des politiques publiques de l’eau. Le défi s’annonce considérable, » conclut-il.