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La campagne « un micro pour un euro par jour » est symbolique de la vision politique "s’appuyer sur, renforcer le marché" du gouvernement de M.Raffarin.
Dans cette campagne le gouvernement encourage l’achat de machines. Mais il le fait au prix du marché puisque la Fnac qui n’est pas dans le dispositif fait la même offre. C’est dire que l’état n’a rien obtenu de significatif des industriels. Et respectueux des principaux marchands de logiciel il fait le choix de s’appuyer sur les logiciels propriétaires dominants le marché.
C’est la politique qui a conduit avec la fin des emplois-jeunes à l’abandon de l’accès public accompagné.
C’est l’absence d’accompagnement concret des personnes les plus éloignées des outils de l’internet et du multimédia.
Ce sont les dépôts de bilan successifs des associations actives dans l’appropriation sociale et laissées sans soutien.
Voici par exemple 8 propositions simples et pas forcément coûteuses à débattre :
1. Faire le choix d’un équipement prioritaire de salles informatiques libre service en résidence universitaire où, à 90%, les étudiants sont boursiers. Ces salles pouvant être co-gérés par les étudiants comme le sont les réseaux des campus en s’appuyant sur des outils logiciels libres, surs et efficaces.
2. Assurer un taux minimum d’équipement de salles libre services pour tous les étudiants. Aujourd’hui s’il y a jusqu’à 1 ordinateur pour 2 ou 3 élèves dans nombre de second et troisièmes cycle scientifiques, il n’y à souvent qu’une machine pour 20 à 30 élèves en sciences humaines. C’est aussi cela le libéralisme, laisser en l’état les inégalités d’accès.
3. Proposer un monitorat étudiant qui accompagne les étudiants les plus éloignés, brasse les disciplines, les milieux. L’outil et son utilisation efficace demande des habiletés qui n’ont pas été acquises par tous le jeunes. La coopération, l’entraide peuvent être une solution efficace, qui en plus assure un complément de revenus.
4. Organiser une diffusion d’outils logiciels libres. Navigateur, traitement de texte, tableur, outil de présentation sont aujourd’hui disponibles en logiciel libre . Encore faut-il les proposer et mettre à disposition ces outils plus sûrs et plus efficaces que bien des produits marchands au code secret.
5. Promouvoir les formats d’échanges ouverts. Beaucoup de documents échangés dans les universités utilisent encore des formats propriétaires dépendant d’une marque dont l’avenir est incertain même si elle est la plus riche du monde. Des formats ouverts de documents existent. Ce sont eux qui ont permis le développement de l’internet contre les réseaux propriétaires d’alors, ce sont eux qui permettent des échanges non taxés par les partisans des brevets logiciels.
6. Encourager la production de contenus scientifiques, pédagogiques, culturels librement accessibles. Il est paradoxal que les initiatives de vulgarisation scientifique de mise en ligne des connaissances, d’encyclopédie, soient le fait de groupes de personnes bénévoles et non des institutions chargées de diffuser la connaissance . Tout autant que la production d’articles, le travail de production pédagogique, de mise à disposition de savoirs doivent être reconnus, pris en compte, valorisés dans le travail des enseignants chercheurs.
7. Favoriser les apprentissages coopératifs. Les prises de note des étudiants peuvent aider l’enseignant à rendre son cours disponible, les rapports accessibles via le web peuvent s’enrichir les uns les autres, les outils collaboratifs peuvent favoriser le travail en groupe... L’école nous apprend essentiellement des savoirs, très peu l’autonomie et la coopération . Internet qui est d’abord une envie d’échanges entre personnes, peux être un support pour ces apprentissages du travail à plusieurs, de nouvelles formes de production de biens communs.
8. Ouvrir de nouveaux possibles. L’innovation ne décrète pas elle se développe par une attention à. Les appels à projets sont une solution pour encourager, accompagner la diffusion d’usages innovants et les contenus ouverts mutualisés. Et il naîtra peux être plus de richesse collective, d’envie d’entreprendre de milliers de micro-projets que de la construction de cathédrales du savoir.
Oui l’équipement individuel peux être utile comme un téléphone mobile a une certaine utilité, mais cela ne fait pas une politique publique.
La lutte contre les inégalités d’accès, l’organisation d’une appropriation sociale, les contenus de cours ouverts, le soutien aux initiatives, le choix des logiciels libres et des formats ouverts sont malheureusement exclus par le gouvernement et cela c’est politique
Michel Briand, adjoint au maire de Brest
co-animateur des lettres d’information hebdomadaires
et des sites participatifs