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Dominique Voynet, candidate des Verts à la présidentielle 2007, répondait, le 27/11/06, aux questions d’un journaliste du site Marianne2007.info.
En fin d’entretien, après une série de questions portant surtout sur la tactique politique qu’illustre bien l’extrait que Marianne a retenu comme titre de l’entretien (« Si on restait à 1 ou 2%, on se poserait des questions sur notre stratégie »), Dominique Voynet s’est impatientée : « vous ne m’avez pas posé de questions sur le contenu réel de la politique énergétique que nous appelons de nos voeux ; vous ne m’avez pas demandé de préciser nos propositions pour faire reculer la pauvreté ; vous ne m’avez pas demandé si les Verts étaient favorables à une VIème république, vous êtes sur des petits trucs politiciens, un peu merdiques, un peu minables, je dois le dire. »
Piqué, le journaliste lui demande : « Alors une question de fond. Justement, vos propositions pour faire reculer la pauvreté. Allez-y, dites-moi quelles sont-elles. »
« Tout d’abord, » répond Dominique Voynet « je pense indispensable d’avoir une grande réforme de la fiscalité pour permettre de demander plus à ceux qui ont plus. La politique d’allégement de charges qui a été choisie par l’Etat depuis des années et qui s’est accentuée depuis 2002 a conduit à ce que des dizaines de milliards d’euros échappent au budget de l’Etat qui auraient été utiles pour faire reculer la pauvreté, pour redistribuer les richesses.
Même chose pour ce qui concerne les aides fiscales. Le fait de permettre à des familles qui sont très largement au-dessus de la moyenne des revenus en France de déduire de leurs impôts les sommes allouées au soutien scolaire pour leurs enfants ou à une garde d’enfants à domicile, n’est pas juste, alors que les personnes qui travaillent dans ces secteurs sont souvent confrontés au gré à gré et à beaucoup de précarité. Pour ma part, je souhaite qu’un plan d’urgence contre la pauvreté soit mis en place qui permette de compléter le revenu des personnes qui vivent en-dessous du seuil de pauvreté et qui élèvent des enfants pour leur permettre de passer au-dessus de ce seuil. C’est pas un coût, c’est investir pour l’avenir.
Je souhaite que les salariés qui disposent de temps de travail contraint, très partiel, bénéficient d’un revenu de solidarité active qui complète leurs revenus, pour que chaque heure travaillée en plus apporte un plus de revenus, pour inciter les gens aussi à reprendre un travail. Je souhaite qu’on mette le paquet sur les modes de garde des jeunes enfants, parce que la pauvreté aujourd’hui frappe d’abord des femmes avec des gosses, qui souvent ne peuvent pas reprendre un travail, soit parce qu’il est à temps trop partiel, et qu’il leur fait perdre le bénéfice d’aides qui leur sont indispensables pour survivre, soit parce qu’elles vivent dans des quartiers qui ne sont pas desservis par des transports en commun, soit parce qu’elles n’ont pas du tout accès à des modes de garde.
Donc l’idée d’un service public de la petite enfance, qui soit une compétence obligatoire des communes de plus de 20.000 habitants, qui soit confortée par une mobilisation des départements pour les communes de plus petite taille, me paraît tout à fait indispensable. Cela peut notamment être payé par la participation des familles, comme aujourd’hui, mais aussi par la suppression des aides fiscales qui sont attribuées aux gens aisés qui en bénéficient aujourd’hui. »