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Le 4 octobre, au petit matin, la police effectuait une descente musclée (mais peu productive) aux Mureaux où des policiers avaient été pris à partie peu de temps auparavant (voir notre article).
La presse s’était fait l’écho de l’opération (et des protestations du maire de la ville qui n’en avait pas été prévenu), en bonne part grâce au travail de reportage de Raphaëlle Picard, pigiste permanente de l’AFP dans le département des Yvelines.
On trouvera l’un de ses reportages, réalisé dans la journée du 4, sur Yahoo Actualités.
Et bien la police et la justice ne semblent pas avoir apprécié à sa juste valeur le travail de Raphaëlle Picard.
Dans un communiqué du 27/10/06, le Syndicat Autonome des Journalistes (SAJ-UNSA) explique que leur collègue fait l’objet d’une sorte d’« interdiction professionnelle » depuis trois semaines.
Ce fut d’abord le directeur adjoint de la police départementale qui à la sortie d’une conférence de presse, a étrillé notre consœur, l’accusant de « malhonnêteté intellectuelle ».
« Ce fut ensuite le directeur de la sécurité publique, a qui Raphaëlle avait demandé un entretien, qui l’a accusée d’avoir « produit des faux témoignages qu’elle n’avait pas pris soin de vérifier... auprès de la police » (sic). « Notre collaboration va s’arrêter là », lui a-t-il signifié.
Ce fut encore (côté Justice), le procureur adjoint du parquet de Versailles qui lui a également signifié que sa porte était désormais fermée et qu’il « ne voulait plus jamais collaborer » avec elle. « On a toute la direction sur le dos... », a-t-il avoué.
Enfin, last but not least, le directeur de la police judiciaire des Yvelines est monté d’un cran : « On va porter plainte... ». Menace gratuite, fanfaronne et vide de sens, puisque, à ce jour, aucune espèce de plainte n’a été déposée devant une quelconque juridiction.
Raphaëlle et par voie de conséquence l’AFP, se trouve désormais coupée de toutes les sources « officielles et institutionnelles », indispensables pour couvrir de façon rigoureuse, honnête et complète, l’actualité dans ce département. »
Considérant que cette affaire « constitue une grave entorse à la liberté de la presse », le SAJ-UNSA demande à la direction de l’AFP, ainsi qu’à l’ensemble du personnel de condamner fermement les menaces et l’ostracisme dont Raphaëlle Picard est injustement victime afin de « faire cesser cette invraisemblable atteinte au droit d’informer. »