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Le premier ministre avait pourtant annoncé alors « l’objectif d’application de l’apprentissage junior est septembre 2006. Ca va aller très vite. On veut une mise en oeuvre pour la rentrée 2006. » (voir notre article).
Près d’un an plus tard, le compte n’y est pas. Alors que le ministre de l’éducation promettait « au moins 15 000 apprentis junior » dès la rentrée 2006, le journal Ouest-France du 4/10/06 en recense tout au plus 2.000 dans toute la France (chiffre communiqué, « arrondi », par un conseiller du ministère).
Dans le grand ouest (Bretagne, Pays-de-la-Loire et Basse-Normandie), une seule classe accueillant des "apprentis junior" a été ouverte, dans un établissement privé et encore, explique le directeur, « nous n’avons recruté que des jeunes de 15 ans, confie le directeur. Il n’y a aucun élève de 14 ans, car si l’expérimentation s’arrête l’an prochain, nos apprentis junior pourront au moins prendre la voie de l’apprentissage classique accessible dès 16 ans. On n’a pas voulu prendre de risque. C’est leur avenir qui est en jeu. »
En fait, l’essentiel des quelques "apprentis junior" se trouverait en Alsace, seule région restée à droite, alors que les conseils régionaux de gauche semblent avoir rechigné à mettre en oeuvre la nouvelle politique. « La formation professionnelle est de la compétence des Régions, on ne peut rien y faire », déplore-t-on au ministère.
Mais Ouest-France avance une raison supplémentaire, ou peut-être sous-jacente : « beaucoup de formateurs reprochent au gouvernement d’avoir cédé au goût de l’effet d’annonce, au mépris de l’existant. C’est-à-dire des classes préparatoires à l’apprentissage (CPA), créées voilà dix ans pour des ados de 15 ans. » Or ces structures, de même que les SEGPA (Sections d’Enseignement Général et Professionnel Adapté), qui visent à donner aux jeunes des expériences diverses à l’occasion de stages variés, semblent être jugées préférables, pour cette tranche d’âge, à la solution d’un apprentissage qui engage, très tôt, dans une voie délimitée.