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Dans un article de BBC News (Eng.) du 15/09/06, le journaliste qui revenait de voir le documentaire du sénateur Al Gore, "An Inconvenient Truth" (Une Vérité qui Dérange) [1], signalait qu’on pouvait lui reprocher de « se concentrer sur les pires scénarios. » Mais, ajoutait-il citant un spécialiste de l’Antarctique, « les pires scénarios peuvent se révéler être ce qui survient finalement. »
Deux études de la NASA, citées le 15/09/06 par The Independent (Eng.) renforcent cette hypothèse, en tout cas.
« La première étude, celle du Jet Propulsion Laboratory, en Californie, montre que les glaces éternelles de la banquise arctique, qui, normalement, survivent à la saison estivale des fontes et subsistent toute l’année, se sont réduites de 14% en seulement 12 mois, entre 2004 et 2005, » explique le journal.
« L’autre étude, celle du Goddard Space Flight Centre, dans le Maryland, montre que la vitesse de fonte des glaces éternelles, qui a été en moyenne de 0,15% par an depuis le début des observations par satellite en 1979, s’est soudainement accélérée de façon considérable. Lors des deux derniers hivers, ce taux s’est accru de 6% par an - c’est à dire de 30 fois. »
Bien qu’il s’agisse là uniquement d’observation, et non pas d’études explicatives, Joey Camiso, qui a conduit l’étude Goddard n’a guère de doute sur le fait que ce phénomène alarmant « résulte, le plus probablement, du réchauffement causé par les gaz à effet de serre. »
Quoiqu’il en soit, si l’évolution observée se confirmait dans la durée [2], les conséquences seraient redoutables. « La fonte de la glace arctique en elle-même ne contribuera pas à la montée des océans. En effet, la glace qui flotte déplace déjà sa propre masse dans l’eau, » explique The Independent. Mais c’est le risque d’un effet secondaire dévastateur d’accélération du réchauffement : « la surface, sombre, de l’océan Arctique, absorbera la chaleur du soleil au lieu de la refléter, comme le fait la couverture glaciaire aujourd’hui - et donc la planète deviendra encore plus chaude. »
« Les dernières études, d’une longue série récente, nous disent toutes que le changement climatique est plus rapide et plus méchant que ce que nous pensions, » a déclaré Tom Burke, de l’Imperial College de Londres. « Un abîme est en train de se creuser entre la vitesse à laquelle le climat change et celle à laquelle les gouvernements y répondent. »
[1] Le documentaire d’Al Gore est sorti depuis quatre mois aux Etats-Unis où il a été vu par 2.3 millions de spectateurs.
[2] Pour les deux prochaines années, Tara et son équipage arrivés sur la banquise début septembre, seront aux premières loges, en tout cas.