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Lancé en 2003, le CDI (Commitment to Development Index) permet d’évaluer chaque année 21 des pays les plus riches en fonction de leur politique de développement et de leur impact sur les pays pauvres. Les pays nordiques de l’Europe occupent comme souvent les premières places du classement.
Les Pays-Bas sont ainsi les premiers puis le Danemark, la Suède et la Norvège. Pour les moins performants, la France, l’Italie et la Grèce sont (respectivement) 18ème, 19ème et 20ème et le Japon cancre du classement. Notons que les Etats-Unis n’obtiennent que 13e, derrière le Canada 10e. Les pays du G8 sont donc très loin des promesses qu’ils avaient faites l’an dernier pourtant "Année du Développement".

Le coordinateur de l’étude, David Roodman, explique : "ce que nous voulons faire avec cet indice, c’est fournir une feuille de route qui montre comment ces genre de politiques sont importantes. Il prend en compte toutes les manières dont les pays riches portent préjudice aux pays pauvres ou leur viennent en aide". Le CDI mesure les efforts des pays selon 7 critères importants pour les pays en voie de développement :
l’aide internationale (la quantité comme la qualité, avec les obligations qui en découlent)
le commerce international (protectionnisme pénalisant les pays pauvres)
les investissements (transfert des technologies,...)
les migrations (tranferts d’argent, transfert des compétences,...)
l’environnement : les pays pauvres seront les plus vulnérables au dérèglement climatique
la sécurité (maintien de la paix et exportation d’armes)
la technologie (aide à la recherche, politique à l’égard des brevets)
Le Japon, par exemple, est placé bon dernier en raison de son protectionnisme économique (les importations de riz taxées à 900%), à son protection vis-à-vis des migrants venant de pays pauvres tout en ayant une aide publique faible. Aucun pays n’est parfait : les Pays-Bas ont quatre performances plutôt moyennes voire inférieures à la moyenne (politique migratoire, sécurité, technologie, commerce).
La France se place en 18ème position en 2006. Les points forts sont son engagement envers la recherche et de développement (1ère pour le secteur de la technologie), ce qui ne l’empêche pas d’obtenir un score faible pour d’autres raisons :
la sécurité (un des plus gros exportateurs d’armes dans le monde vers des états non démocratiques)
les migrations (faible nombre en 2003 d’immigrants entrés
en France et provenant de ces pays)
l’aide internationale ("part importante de l’aide aux états relativement moins pauvres et moins démocratiques")
les investissements (absence de promotion des investissements et des impacts sociaux dans ces pays)
le commerce international (barrières douanières pénalisant les pays pauvres pour leurs productions agricoles)
Le cas de la Suisse est similaire ; en effet, David Roodman souligne : "La protection que la Suisse fournit en particulier à ses agriculteurs est un gros problème. Car le gouvernement helvétique subventionne chaque vache suisse à hauteur de 1000 $, tout en ne versant que 60 cents d’aide à chacune des quelque 2,7 milliards de personnes qui vivent avec moins de deux dollars par jour à travers le monde en développement".
l’environnement (respect des espèces protégées)
2007, une année de changement grâce aux nouveaux dispositifs contre la lutte contre le SIDA ? Il sera partiellement entamé par les nouvelles politiques encore plus restricitives des migrations, alors qu’elles envoient davantage d’argent dans les pays pauvres que l’aide publique étatique.
2008 ? Si Sarkozy gagne, n’oublions pas : "cette repentance permanente qui fait qu’il faudrait s’excuser de l’histoire de France (...) parfois touche aux confins du ridicule". Ce même 7 décembre 2005 : "laissons les historiens faire ce travail de mémoire, et arrêtons de voter sans arrêt des lois pour revenir sur un passé revisité à l’aune des idées politiques d’aujourd’hui. C’est le bon sens."