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"Il est essentiel de prendre des mesures immédiates. En plus de la situation humanitaire, une catastrophe écologique menace la région méditerranéenne", avait averti début août Paul Misfud, coordonnateur du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) et du Plan d’action pour la Méditerranée (MAP). "Les hostilités doivent cesser pour permettre un accès immédiat et sûr à la zone touchée".
A l’origine de la maréee noire avait eu lieu à deux reprises les 14 et 15 juillet le bombardement par l’armée israélienne de 5 réservoirs de l’aire de stockage de fioul d’une centrale électrique à Jiyé, au sud de Beyrouth. Le résultat : un déversement dans la mer et sur les côtes libanaises de près de 15 000 tonnes de mazout (selon l’estimation du gouvernement libanais).
Le ministre de l’environnement, Yaacoub Saaraf, comparait l’ampleur du désastre, à celui de l’Erika pour la quantité : "En réalité, il est bien plus grave, car la capacité de régénération de l’océan Atlantique est nettement supérieure à celle de la mer Méditerranée, petite et fermée. Il faudra un an pour tout nettoyer, mais les dégâts subis par l’écosystème dureront des décennies. La faune sous-marine est empoisonnée, certaines espèces sont menacées de disparition."
Un mois et demi après la catastrophe, la marée noire a affecté les deux tiers de la côte libanaise, c’est-à-dire 150 km de plages, de marinas et de ports de pêche. Le pétrole a atteint les fonds marins et forme un tapis d’une épaisseur de 10 cm. Le nettoyage de la marée noire qui baigne les côtes du Liban depuis un bombardement de la banlieue de Beyrouth sera coûteux. Selon le PNUE, il faudra au moins un an et pour cette année plus que le plan actuel de 50 millions d’euros pour y remédier, à cela s’ajoutera au fil des ans le coût des mesures suivantes.
L’un des centres régionaux du PNUE-MAP, le REMPEC, avait demandé au gouvernement de Chypre de faire fonctionner un modèle de prévision de l’évolution des marées noires développé spécifiquement pour la Méditerranée orientale. Les résultats de l’analyse menée par le Centre océanographique de Chypre montrent que seuls 20% du pétrole se sont évaporé et que 80% continue de flotter par plaques le long du littoral libanais.
Le commissaire européen à l’environnement, Stavros Dimas a proposé une aide de 10 millions d’euros dans les secteurs des infrastructures et de l’environnement dans ce qui apparait à beaucoup comme la pire catastrophe écologique qu’a connu le pays.
Pour en savoir plus :
La carte de Greenpeace de l’état de la côte au 28 juillet
L’état de la situation en image selon le PNUE
la Convention de Barcelone pour la protection de la mer Méditerranée contre la pollution