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Le député européen Frithjof Schmidt (Verts - Allemagne) a présenté un rapport sur le commerce équitable (.pdf de 226 Ko) comportant une résolution sur le sujet qui a été adoptée le 7/07/06.
Le rapport évoque rapidement l’histoire du "commerce équitable", ce « partenariat commercial, basé sur le dialogue, la transparence et le respect, qui vise plus d’équité dans le commerce international. »
les balbutiements à la fin des années 50,
lorsqu’Oxfam UK a commencé à vendre des produits d’artisanat fabriqués par des réfugiés
chinois dans ses boutiques.
en 1967, création de la première organisation d’importation (aux Pays-Bas), suivie par l’ouverture de premier "Magasin du tiers-monde" en 1969.
deuxième Conférence des Nations unies sur le
commerce et le développement (CNUCED) à Delhi, en 1968, où les pays en développement demandent "Du commerce, pas d’aide".
en 1973, premier "café du commerce équitable" importé en Europe à partir de coopératives de petits producteurs du Guatemala (des produits comme le thé, le cacao, le sucre, le vin, les jus de fruits, les fruits à coque, les épices, le riz, etc. suivront peu après).
dans les années 80 vient l’idée de diffuser les produits du commerce équitable dans les magasins ordinaires en les distinguant par un label.
en 1988, le label "Max Havelaar" est créé aux Pays-Bas.
Dans les années qui suivent, des organisations de labellisation semblables, à but non lucratif,
voient le jour dans d’autres pays européens et en Amérique du Nord.
en 1997, création de la FLO (Fair Trade Labelling Organization) responsable de l’établissement des normes
internationales du commerce équitable, de la certification de la production et du contrôle des échanges effectués selon ces normes, ainsi que de la labellisation des produits.
aujourd’hui, divers regroupements d’acteurs du commerce équitable, sur des périmètres variés, se poursuivent.
S’appuyant sur les acquis de l’histoire du commerce équitable [1], le rapporteur a proposé une résolution par laquelle le parlement européen invite la Commission Européenne à reconnaître l’apport positif du commerce équitable, à agir pour son développement, à envisager, par exemple, une réduction de TVA pour ses produits, à inclure le commerce équitable dans l’élaboration de la politique commerciale de l’Union, notamment en renforçant le Système de préférences généralisées (SPG +) (un système qui offre, aux pays du Tiers-monde ayant souscrit la plupart des conventions internationales en matière de protection sociale et environnementale, un accès privilégié aux marchés de l’Union européenne).
Cette option de la promotion du commerce équitable comme composante d’une politique commerciale qui intègre des proccupations écologiques et sociales, proposé par le député Vert et adoptée par le parlement est un choix qui sera probablement contesté.
Dans l’avis annexé au rapport de M. Frithjof Schmidt, la "commission du commerce international" si elle a repris des conclusions du rapporteur, a tenu à le faire en évoquant « la liberté d’entreprendre et l’ouverture des marchés ». Et, selon le blog d’Alain Lipietz, le rapport Frithjof Schmidt a déclenché « le lobbyisme furieux des grandes compagnie internationales de négoce des matières premières (café etc) et l’ironie du commissaire Mandelson. »
A l’inverse, quand la résolution rappelle que « la mise en place d’un système commercial multilatéral libre et équitable est le meilleur moyen de gérer correctement la mondialisation dans l’intérêt de toutes les parties concernées, » son auteur prend le risque de se voir cataloguer comme traître libéral par ceux qui voient en la mondialisation la source de tous les maux et par ceux pour qui l’urgence écologique impose relocalisation, circuits courts, autonomie, toutes choses peu compatibles avec le commerce international, fut-il équitable.
[1] Presque totalement inconnu dans certains états membres mais très implanté dans d’autres, le commerce équitable a vu ses ventes globales en Europe atteindre le chiffre de 660 millions d’euros en 2005.