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Le jeune homme avait été arrêté le 30 juin soupçonné de l’agression d’un SDF [1]. D’abord placé en centre de rétention, il a été expulsé vers le Maroc, son pays d’origine, le vendredi 7 juillet.
Sur le site du Réseau Education Sans Frontières, Nathalie Fessol donne les précisions suivantes : « Abdallah - qui a 19 ans - est rentré en France à l’âge de 14 ans sur le passeport de son père. A 18 ans, il a fait une demande de permis de séjour qui lui a été refusée. Il a été convoqué en novembre 2005 au centre de rétention de Vincennes, convocation à laquelle il ne s’est pas rendu. Il vit avec son père, installé en France depuis 1964 qui subvient à ses besoins et suit la scolarité de son fils. Abdallah bénéficie de l’avis très favorable de ses enseignant qui l’encouragent, après qu’il ait obtenu un CAP, à poursuivre ses études. »
Majeur, Abdallah ne relève pas de la circulaire du 13 juin qui définit les critères requis pour entamer une procédure de régularisation.
Il fait partie de ces sans-papiers qui risquent de faire les frais du côté pile (inhumainement répressif) d’une politique à laquelle, côté face (un peu plus souple), le gouvernement a été contraint par la mobilisation des associations et des groupes locaux de voisinage intervenant en défense des expulsables.
Pour le ministère de l’Intérieur, cité par Le Figaro, l’affaire est simple. Abdallah Boujraf - arrêté pour « vol avec violence sur un SDF » - a bénéficié de toutes les procédures en vigueur. De plus, « être éloigné au Maroc quand on est en France depuis moins de cinq ans ne porte atteinte à aucun principe ». À travers l’expulsion d’Abdallah Boujraf, Nicolas Sarkozy veut aussi envoyer un message que résume l’un de ses proches : « La France peut t’accepter, mais elle n’admet pas tu mettes le bordel... »
Les proches du jeune homme ont un tout autre point de vue. La mairie du 20ème arrondissement de Paris a exprimé, dans un communiqué, sa « profonde indignation » après l’expulsion d’Abdallah, « jeune habitant du 20e, était arrivé légalement en France à l’âge de 14 ans depuis 2002 rejoindre son père originaire du Maroc qui réside en France depuis 1964 avec une carte de séjour. »
La FCPE s’indigne que « cet adolescent soit victime de la double peine et qu’il soit expulsé sous prétexte qu’il aurait commis un délit et donc au mépris de la présomption d’innocence. »
Hélène Flautre (Verts), Présidente de la sous commission des droits de l’Homme au Parlement Européen, qui avait écrit au ministre de l’intérieur pour demander la libération d’Abdallah, a ainsi jugé « révoltante » la situation faite au jeune homme.
[1] La juge qui a confirmé le maintien en centre de rétention mercredi a fondé sa décision sur le prétexte d’une bousculade ancienne avec un SDF - sans suite judiciaire - qui aurait « porté préjudice aux intérêts de la République Française » ... et sur le fait qu’Abdallah était depuis novembre 2005 sous le coup d’une reconduite à la frontière.