Le projet Caïman contesté

dimanche 2 juillet 2006.par Philippe Ladame
 
La Fédération des Parcs naturels régionaux de France s’oppose à un projet d’exploitation aurifère industrielle sur la Montagne de Kaw, en Guyane.

Nous avions déjà évoqué l’opposition des Verts de Guyane au projet d’exploitation d’une mine d’or à ciel ouvert par la multinationale Cambior.

Récemment, les Verts ont réitéré leurs critiques du projet, renforcés par la découverte d’un risque de radioactivité sur le site.

Comme ils l’indiquent sur leur site Web, l’étude de cartes et de documents laisse en effet penser à une présence proche d’uranium.

« La Montagne de Kaw contient des roches (uranium, thorium) radioactives. Elles sont pour l’instant non dangereuses car figées dans la montagne. Le projet CBJ Camp Caïman est une mine à ciel ouvert : il s’agit d’ extraire de la roche, de la broyer, et d’entasser ces résidus sur le flanc de la montagne. Ces résidus risquent de contenir des roches radioactives, » expliquent les Verts qui craignent que la pluie lessive ces résidus et entraîne la radioactivité dans les eaux de ruissellement.

Ils demandent qu’aucune décision ne soit prise tant que les études qui s’imposent pour prendre en compte ce risque majeur n’auront pas été conduites, par des organismes indépendants.

Cet élément nouveau, non évoqué dans l’enquête publique, vient s’ajouter aux craintes déjà exprimées du fait des pollutions dues aux techniques minières et de l’atteinte au paysage et à la biodiversité.

Ce sont ces craintes qui ont motivé la Fédération des Parcs naturels régionaux de France, réunie le 29 juin 2006 à Paris en Conseil d’administration, a voté une « motion contre le projet d’exploitation aurifère industrielle sur la Montagne de Kaw qui menace l’intégrité du territoire du Parc naturel régional de Guyane. »

Dans cette motion, la fédération, qui souligne la « trop faible concertation avec le Parc », exprime son opposition à la réalisation d’un « projet incompatible avec les objectifs de protection des patrimoines d’un Parc naturel régional » et demande à l’Etat de ne pas délivrer l’autorisation d’exploiter.

Dans un communiqué du 30/06/06, la société canadienne Cambior (à l’initiative du projet) fait savoir que les autorités françaises ont décidé d’organiser une « mission d’inspection générale relativement aux objections soulevées par certaines parties intéressées au projet au cours du processus de consultation publique. » Le rapport final de la mission conjointe est attendu pour la fin de septembre et, dans l’hypothèse d’un rapport « favorable », Cambior prévoit recevoir les permis d’exploitation requis au cours du quatrième trimestre de 2006.

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