Le vol de nuit ... nuit (*)

jeudi 15 juin 2006.par Philippe Ladame
 
Une étude anglaise révèle un impact climatique important de l’aviation nocturne.

Dans un article du 15/06/06, BBC News fait état d’une étude conduite par Nicola Struber, associant les universités de Reading et de Leeds et concernant un couloir aérien de l’est de l’Angleterre.

On suspectait que les trainées de condensation avait un effet climatique, mais l’on pensait cet effet contradictoire. Il l’est effectivement, puisque le voile nuageux ainsi produit (ou renforcé) participe au réchauffement (en piègeant la chaleur rayonnée par la terre), mais a aussi un effet rafraîchissant (en renvoyant dans l’espace une petite partie du rayonnement solaire).

Au total, donc, un effet de réchauffement minime, pouvait-on penser. Et à s’en tenir à l’observation du visible, c’était vrai. Mais l’étude des universitaires anglais a voulu prendre en compte ce qui se passe la nuit. Et là, le tableau est un peu différent.

La nuit, pas d’effet rafraîchissant, juste l’effet de serre. Pour évaluer le bilan, les chercheurs ont d’abord déterminé quelles conditions climatiques (humidité notamment) provoquaient l’apparition de trainées de condensation au passage des avions.

Puis ils ont élaboré un modèle climatique indiquant leur effet à différents moments de la journée et de la nuit, et dans les différentes saisons.

Ils ont trouvé que les vols de nuit entre 18 h et 6 h, qui représentent un quart du trafic, participe au réchauffement global pour 60 à 80 %.

Les vols hivernaux, qui représentent 22 % du total annuel, contribuent pour 50 % au réchauffement annuel - essentiellement parce que les trainées de condensation sont davantage susceptibles de se former entre décembre et février quand l’humidité de l’air est plus importante.

« L’aviation n’a aujourd’hui qu’un petit effet sur le climat, » explique le Dr Piers Forster de l’Université de Leeds. « Cependant, le fait que le volume du trafic aérien soit en augmentation rapide, pour les prochaines années, rend important d’en savoir plus sur l’effet des trainées de condensation sur notre climat. »

(*) Avec une pensée amicale à Raymond Devos qui vient de mourir.

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