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Association pour le Contrôle de la Radioactivité de l’Ouest, l’ACRO est un Laboratoire indépendant d’analyse de la radioactivité et un Centre d’information et de documentation sur le nucléaire en général.
Le rapport de 49 pages (.pdf de 3 Mo) que l’ACRO consacre au CSM se compose de deux grandes parties.
La première partie concerne le centre de manière générale et l’histoire du stockage des quelque 530.000 m3 de déchets de faible et moyenne radioactivité. Elle évoque les incertitudes concernant les volumes et l’origine des déchets. Elle pointe les très mauvaises conditions de stockage de la première période. Reconnaissant que « les structures d’accueil et la qualité des déchets ont évolué au cours du temps vers plus de rigueur », elle conclut a la nécessité de la réversibilité « contrainte morale qui découle du principe de précaution » et à la nécessité de « repenser entièrement la gestion des matières radioactives de façon démocratique. »
Dans la deuxième partie, l’association s’attarde sur l’exemple du tritium (hydrogène radioactif) présent en quantité tout à fait excessive sur le site et qui témoigne de la difficulté de contenir la radioactivité. Mais la difficulté n’est pas seulement technique et l’ ACRO met en cause le manque de volonté de savoir et, surtout, d’informer.
Cette dernière question n’est pas absente de l’interview Christian Kernaonet, réalisée dans le cadre de l’étude.
Ancien ingénieur de l’ANDRA, témoin direct des évolutions du CSM et des errements dans la gestion des déchets, Christian Kernaonet a toujours été le partisan farouche d’une reprise de la première tranche de déchets stockés, une opinion qui lui vaudra une mise au placard en 1994 puis un licenciement pour faute professionnelle.
L’interview dans son ensemble est fort intéressante. Nous en extrayons juste un passage assez révélateur de la tendance constante à minimiser ou à masquer les données en matière de nucléaire.
ACRO : Est-ce que la connaissance du contenu des
colis s’est également améliorée ?
C.K. : On avait installé une cellule de contrôle Gamma
dernier cri. On s’est alors aperçu que nos contrôles en
émetteurs Alpha des colis provenant de Valduc ne
correspondaient pas à leurs bordereaux. Valduc se
considérant comme le seul expert des radionucléides
émetteurs alpha et surtout ne voulant pas remettre en
cause sa comptabilité des radionucléides (notamment des
Pu), nous avons reçu l’ordre de ne plus mesurer les colis
en provenance de Valduc au CSM.
Remarquez, pour l’anecdote, sur Cogéma (la Hague), en
tant que Service de Protection Radiologique (SPR), j’ai
rencontré un scénario analogue sur une mesure de
Plutonium (Pu) dans les boites à gants : le Pu retrouvé
dans ces boites par le SPR ne correspondait pas à la
balance Pu déjà écrite. Donc, on nous a demandé
« d’oublier » le Pu de la boîte à gants.