La quarantaine revancharde

samedi 6 mai 2006.par Philippe Ladame
 
Esclavage, colonisation : un passé qui n’en finit pas de ne pas passer.

A quelques jours de la première commémoration nationale de l’abolition de l’esclavage et des traites négrières, il s’est trouvée, à l’UMP, une quarantaine de députés pour demander l’abrogation de l’article 2 de la Loi n°2001-434 du 21 mai 2001 dite "Loi Taubira" qui précise que « les programmes scolaires et les programmes de recherche en histoire et en sciences humaines accorderont à la traite négrière et à l’esclavage la place conséquente qu’ils méritent. »

Les députés en question disent agir « au titre du parallélisme des formes, et par soucis d’égalité de traitement », faisant référence à l’abrogation récente de l’article 4 de la Loi du 23 février 2005 « portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés. »

En cela, la démarche de ces députés UMP est assez différente de celle qui avait amené plusieurs intellectuels à demander, à un autre moment et sur un autre mode, « l’abrogation des articles de loi contraignant la recherche et l’enseignement de cette discipline » (voir notre article du 17/12/05).

D’ailleurs, parler en l’occurrence de « parallèlisme », est quelque peu simplificateur. Là où la loi Taubira demande qu’on accorde une « place conséquente » à la question historique de l’esclavage, la loi en faveur des rapatriés demandait qu’on reconnaisse le « rôle positif » de la colonisation.

Dans un article du 22/01/06 nous constations que « près de deux ans après le début de l’étude de ce projet de loi, les partis et organisations de gauche sont incapables de produire une analyse précise des différents points du texte, oscillant entre s’accrocher à une unique petite phrase et rejeter tout le dispositif, deux marques de paresse intellectuelle alors qu’il y aurait sûrement eu matière à réflexion et à proposition (concernant l’article 13, par exemple). »

Mais, visiblement, à droite, la réflexion n’a pas volé beaucoup plus haut !


Ci-dessous, les députés UMP opposés à ce qu’une loi demande qu’on accorde « à la traite négrière et à l’esclavage la place conséquente qu’ils méritent » (et sûrement favorables à "l’immigration choisie" prônée par M. sarkozy, ce qui est somme toute logique ;-) :

Alpes de Haute ProvenceDaniel SPAGNOU
Alpes-MaritimesJean-Claude GUIBAL
Alpes-MaritimesJérôme RIVIERE
Alpes-MaritimesLionnel LUCA
Alpes-MaritimesMichèle TABAROT
Alpes-MaritimesMuriel MARLAND-MILITELLO
Bouches du RhôneLéon VACHET
Bouches-du-RhôneBernard DEFLESSELLES
Bouches-du-RhôneBruno GILLES
Bouches-du-RhôneChristian KERT
Bouches-du-RhôneDominique TIAN
Bouches-du-RhôneGuy TEISSIER
Bouches-du-RhôneMaryse JOISSAINS-MASINI
Bouches-du-RhôneRichard MALLIÉ
Côte d’OrJean-Marc NUDANT
GirondeJean-Paul GARRAUD
Haute-SaôneMaryvonne BRIOT
Hauts de SeinePhilippe PEMEZEC
Hauts-de-SeineJean-Jacques GUILLET
HéraultJacques DOMERGUE
HéraultPaul-Henri CUGNENC
Indre et LoireJean-Jacques DESCAMPS
IsèreJacques REMILLER
Loire AtlantiqueChristophe PRIOU
LotMichel ROUMEGOUX
Meurthe et MoselleFrançois GUILLAUME
MorbihanLoïc BOUVARD
NordChristian VANNESTE
NordJean-Pierre DECOOL
OiseOlivier DASSAULT
Pyrénées-OrientalesArlette FRANCO
Pyrénées-OrientalesDaniel MACH
Val de MarneJacques-Alain BENISTI
Val de MarnePatrick BEAUDOUIN
VarGeneviève LEVY
VarGeorges GINESTA
VarJosette PONS
VarPhilippe VITEL
VaucluseThierry MARIANI
YvelinesJacques MYARD

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