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Le ministre de l’intérieur, Nicolas Sarkozy, a présenté le 29/03/06 au conseil des ministres, le projet de loi CESEDA qui vise à rendre plus difficile encore la régularisation de sans-papiers établis en France et à limiter plus strictement encore les entrées migratoires futures aux seuls besoins de l’économie française.
Un collectif Uni(e)s Contre l’Immigration Jetable s’est d’ailleurs constitué à ce sujet, qui a pris diverses initiatives dont celle d’une pétition qui a recueilli, à ce jour, plus de 16.000 signatures.
Mais, sans attendre le vote de cette loi, le ministre de l’intérieur et son collègue de la justice s’emploient à obtenir l’expulsion d’un maximum de sans-papier.
Medecins du Monde a publié sur son site une circulaire du 21/02/06 (.pdf de 943 Ko) adressée par les deux ministres aux préfets et procureurs dont la lecture, qui donne un peu froid dans le dos, est à recommander à ceux qui tentent de s’opposer, un tant soit peu, aux pratiques broyeuses de vies et de destins qui tendent à constituer l’essence de la politique française en matière de migrations.
L’association de médecins s’attachent particulièrement à ce qui concerne, dans cette circulaire, l’évocation des possibilités d’interpellations en milieu hospitalier. Elle y voit la remise en cause de la « règle tacite mais admise qui protège les patients dans les lieux de soins. »
Estimant que « l’hôpital et les lieux de soins ont une mission de santé publique et remplissent à ce titre un rôle de protection de l’ensemble de la population, » Médecins du Monde a donc décidé de recueillir les signatures des « soignants, hospitaliers, libéraux, associatifs, (qui refusent) expressément aux forces de l’ordre l’entrée dans nos salles d’attente ou halls d’accueil pour y procéder à des contrôles ou interpellations », ainsi que celles des citoyens, qui refusent « la remise en cause de ces principes fondamentaux et (demandent) le retrait immédiat de cette circulaire. »