Immigration : une politique très inhospitalière

jeudi 30 mars 2006.par Philippe Ladame
 
Médecins du Monde s’alarme d’une circulaire qui justife les interventions policières jusque dans les hôpitaux et les blocs opératoires.

Le ministre de l’intérieur, Nicolas Sarkozy, a présenté le 29/03/06 au conseil des ministres, le projet de loi CESEDA qui vise à rendre plus difficile encore la régularisation de sans-papiers établis en France et à limiter plus strictement encore les entrées migratoires futures aux seuls besoins de l’économie française.

Un collectif Uni(e)s Contre l’Immigration Jetable s’est d’ailleurs constitué à ce sujet, qui a pris diverses initiatives dont celle d’une pétition qui a recueilli, à ce jour, plus de 16.000 signatures.

Mais, sans attendre le vote de cette loi, le ministre de l’intérieur et son collègue de la justice s’emploient à obtenir l’expulsion d’un maximum de sans-papier.

Medecins du Monde a publié sur son site une circulaire du 21/02/06 (.pdf de 943 Ko) adressée par les deux ministres aux préfets et procureurs dont la lecture, qui donne un peu froid dans le dos, est à recommander à ceux qui tentent de s’opposer, un tant soit peu, aux pratiques broyeuses de vies et de destins qui tendent à constituer l’essence de la politique française en matière de migrations.

L’association de médecins s’attachent particulièrement à ce qui concerne, dans cette circulaire, l’évocation des possibilités d’interpellations en milieu hospitalier. Elle y voit la remise en cause de la « règle tacite mais admise qui protège les patients dans les lieux de soins. »

Estimant que « l’hôpital et les lieux de soins ont une mission de santé publique et remplissent à ce titre un rôle de protection de l’ensemble de la population, » Médecins du Monde a donc décidé de recueillir les signatures des « soignants, hospitaliers, libéraux, associatifs, (qui refusent) expressément aux forces de l’ordre l’entrée dans nos salles d’attente ou halls d’accueil pour y procéder à des contrôles ou interpellations », ainsi que celles des citoyens, qui refusent « la remise en cause de ces principes fondamentaux et (demandent) le retrait immédiat de cette circulaire. »

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