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Dans un article du 10/03/06, Libération évoque la question des lanceurs d’alerte. « Les lanceurs d’alerte, ce sont ces hommes et ces femmes, souvent des chercheurs, qui, à titre individuel ou collectif, estiment devoir alerter la société sur les risques potentiels pour la santé et l’environnement de nouvelles technologies, nouveaux médicaments ou produits chimiques... Au risque de s’aliéner les lobbies industriels, » explique le journal.
Ce fut le cas d’André Cicolella, chercheur en santé environnementale, responsable santé des Verts et fondateur de Sciences citoyennes, viré pour faute grave de l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) en 1994 pour avoir voulu dénoncer la nocivité des éthers de glycol, des produits soupçonnés de provoquer cancers, stérilité et malformations, aujourd’hui interdits.
Libération cite aussi Michèle Rivasi, fondatrice de la Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité (Criirad) qui explique : « En 1986, les autorités françaises affirmaient que le nuage de Tchernobyl s’était arrêté à nos frontières. Nous avons créé la Criirad pour connaître la vérité, pour faire des mesures contradictoires... Mais il a fallu près de vingt ans pour que, en 2005, des experts dénoncent officiellement le mensonge de l’Etat ».
Le 14 Mars 2006, ce sont Etienne Cendrier et Antoine Debièvre qui comparaîtront devant le tribunal correctionnel de Paris. Ils sont poursuivis en diffamation et complicité par les opérateurs de téléphonie mobile Orange et SFR.
Leur « crime » est expliqué sur le site Soutien aux Lanceurs d’Alerte : « le premier a émis, lors d’un débat, des critiques sur la façon dont agissent les opérateurs de téléphonie mobile ; le second a retranscrit ce débat dans son journal, le Journal du Dimanche. Le journal est poursuivi pour diffamation. Etienne Cendrier et Antoine Debièvre risquent une condamnation avec des dommages et intérêts qui peuvent être élevés. En effet, lors du premier procès pour diffamation à l’initiative du 3ème opérateur (Bouygues Télécom), Etienne Cendrier a été condamné, en tout, à 8000 euros (la demande initiale était de 200 000 euros...). »
Une pétition papier de soutien aux lanceurs d’alerte est disponible sur le site. Il est aussi possible de la signer en ligne.