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« Selon des témoins, les violences à Maiduguri, capitale de l’Etat de Borno, ont commencé quand la police a tiré des gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants, rassemblés à l’appel d’une organisation islamique, dans cet Etat du Nord du Nigeria, à la population en majorité musulmane. Des émeutiers s’en sont alors pris à la communauté chrétienne de la ville en brûlant et en pillant des églises ainsi que des magasins tenus par des chrétiens. » précise un article du Monde. On dénombre 15 morts.
« Il s’agit des premières victimes enregistrées depuis le début du mouvement de protestation contre les caricatures au Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique avec 130 millions d’habitants, dont une importante communauté musulmane de quelque 60 millions de personnes, principalement installée dans les Etats du nord du pays. »
Jusqu’à présent, les manifestations en Afrique contre les caricatures du prophète, pourtant nombreuses, avaient toujours été contenues et n’avaient donné lieu à aucun débordement, comme cela a pu être le cas au Moyen-Orient. Ainsi, le journal Jeune Afrique pouvait-il titrer le 12 février « Modération subsaharienne » en détaillant la situation dans différents pays africains et en précisant : « ... au Nigeria, où plus de la moitié des 130 millions d’habitants sont musulmans, l’embrasement redouté n’a pas eu lieu. »
Jeune Afrique expliquait en partie cette absence de contagion de la violence par le ton mesuré de la presse et concluait : « À cette modération s’ajoute une tradition de tolérance et de cohabitation pacifique entre communautés religieuses dans la plupart des pays subsahariens. Sans oublier la donne géopolitique internationale : les pays du sud du Sahara ont certainement moins intérêt à s’opposer à l’Europe que les pays du Moyen-Orient. »
Il reste à espérer que le dérapage nigérian restera un cas isolé. L’Afrique subsaharienne, à large dominante musulmane, compte néanmoins des communautés chrétiennes importantes. Des tensions interconfessionnelles, jusqu’alors inexistantes, pourraient être lourdes de conséquences.