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Dans Libération du 2/10/04, Annick Faurot raconte l’histoire de l’aciérie Aubert & Duval (Puy de Dôme).
Pendant longtemps, cette entreprise a utilisé l’amiante. L’emploi était rare, le travail dur, le salaire maigre, et la retraite souvent courte.
Quand, dans les années 90, l’entreprise a cessé d’utiliser l’amiante, puis mené des opérations de désamiantage, les salariés se doutaient bien qu’elle pouvait avoir fait des dégâts. Mais « du temps de Jean Duval [le patron historique, ndlr], on ne nous payait déjà pas beaucoup mais il y avait une bonne ambiance. Alors... ».
En 1998, l’entreprise a été rachetée par Eramet, l’un des leaders mondiaux dans la production de pièces pour l’aéronautique.
En février 2003, raconte Annick Faurot, pour la première fois depuis quatorze ans, 80 % des salariés se mettaient en grève, pendant plusieurs semaines, pour une cinquantaine d’euros d’augmentation ... qu’ils n’obtiendront pas.
Aujourd’hui, dans le cadre d’un "plan social", 115 suppressions d’emplois ont été décidées.
C’est dans ce contexte, qu’il y a quelques mois, suite à un scanner, un salarié s’est aperçu qu’il souffrait de plaques pleurales dans les poumons, pathologie irréversible directement liée à l’amiante et pouvant évoluer vers de graves problèmes respiratoires.
Depuis, 76 cas comparables (5% de l’effectif de l’entreprise) ont été diagnostiqués.
Ces derniers mois, l’entreprise a déployé un effort de suivi médical et d’information. Mais le mal est fait.
Le dossier est parti au Ministère du Travail et les victimes espèrent compensation. Logique.