![]() |
Les parties civiles Biogemma et Pionneer ont lancé les procédures en vue de la saisie de "biens meubles corporels" appartenant aux militants condamnés par le tribunal de Riom à verser des dommages et intérêts à ces sociétés. Ces personnes peuvent donc désormais faire l’objet de saisies arrêts sur leurs comptes bancaires et de saisie de leurs meubles à leurs domiciles pour vente aux enchères.
On le voit, pendant la discussion, la répression continue. Enfin, parler de "discussion" est peut-être un bien grand mot. Comme l’exprime Dominique Voynet dans un communiqué ce jour, « le 7 février, un sondage commandé par Agir pour l’Environnement nous apprend que 74 % des Français souhaitent une interdiction des cultures OGM. Le 8 février, le gouvernement adopte en Conseil des ministres un projet de loi, préparé dans le secret des cabinets, qui tourne le dos à leurs attentes. Cherchez l’erreur ! »
L’ancienne ministre de l’Environnement condamne ce texte qui ouvre la voie à une banalisation des cultures d’’OGM en plein champ et dédouane par avance les céréaliers de leurs responsabilités.
En effet, les assureurs refusent de proposer des contrats pour couvrir les risques (potentiellement considérables) que fait courir la culture d’OGM : risques pour la santé (voir plus bas) et risques économiques (répercusssions sur les cultures voisines par contamination). Le gouvernement vient alors au secours des producteurs et utilisateurs d’OGM en prévoyant un fonds de garantie géré par l’’Etat. Dominique Voynet s’indigne : « l’Office des Grandes Cultures sera financé par une aumône des céréaliers cultivant les OGM, de 100 euros par ha ! Et... par l’Etat, qui pourra abonder ce fond. En clair : l’argent des contribuables, qui refusent les OGM, devra assurer les dégâts faits par les plus productivistes, au mépris du principe pollueur payeur, dont les rédacteurs du projet de loi n’ont apparemment jamais entendu parler ! »
Pourtant, le choix du développement des OGM devrait, pour le moins, donner lieu à débat préalable. D’une part, il y a fort à craindre que le modèle économique que représentent ces plantes (certes très productives sur le court terme) soit un modèle fondamentalement insoutenable par son caractère inégalitaire et stérilisant.
D’autre part, les doutes concernant l’impact sur la santé à moyen terme sont loin d’être levés. Comme le dit Le Monde du 8/02/06 « plusieurs études récentes, réalisées par des chercheurs crédibles et publiées dans des revues scientifiques, concordent pour jeter un doute sur la totale innocuité des OGM. Elles n’affirment pas qu’ils génèrent des problèmes de santé. Mais à tout le moins qu’ils suscitent des effets biologiques qui devraient être plus largement étudiés. »
Et le journal de citer plusieurs cas récents :
En novembre 2005, des chercheurs australiens remarquaient que la consommation par des souris d’un pois transgénique qu’ils étudiaient rovoquait une production d’anticorps, marqueurs d’une réaction allergénique. L’Etat concerné décidait l’arrêt du développement de ce pois transgénique, et expliquait : « Le gouvernement de l’Etat est conscient de l’inquiétude relative à la sûreté des OGM, alors que la plupart de la recherche dans ce domaine est menée ou financée par les compagnies mêmes qui promeuvent les OGM ».
Durant l’été 2005, une équipe italienne, conduite par Manuela Malatesta, biologiste cellulaire à l’Institut d’histologie de l’université d’Urbino, a vu se confirmer l’hypothèse selon laquelle « l’absorption de soja transgénique par des souris induisait des modifications dans les noyaux de leurs cellules du foie. »
En Norvège, Terje Traavik, directeur scientifique de l’Institut d’écologie génétique de l’université de Tromsö, vient de publier une étude dans European Food Research and Technology (janvier 2006, p. 185) : il montre qu’un élément des constructions génétiques utilisées pour modifier une plante, le promoteur 35S CaMV, peut susciter l’expression de gènes dans des cellules humaines en culture. Or, selon les défenseurs des OGM, ce promoteur n’a normalement cet effet que chez les plantes.