Blogs : expression ou information ?

samedi 4 février 2006.par Philippe Ladame
 
Le jugement concernant le site de Christophe Grébert devrait intervenir le 17 mars.

Depuis 1969, la mairie de Puteaux est tenue d’une main, disons pour le moins "ferme" par la famille Ceccaldi-Raynaud, Charles d’abord, puis sa fille Joëlle depuis 2004.

Quand, au lendemain du 21 avril 2002, Christophe Grébert a vu rester en lice au deuxième tour de la présidentielle deux candidats de droite, il a décidé, comme pas mal de gens, de s’engager en politique.

Sa formation de journaliste et son goût pour Internet l’ont amené à ouvrir un site Web pour informer ses concitoyens, dire la vie qui va ou ne va pas, porter un regard et tenter de le faire partager.

Alors, inévitablement dans une ville verrouillée depuis tant d’années, ça a coincé. Comme l’explique Libération, la pression pour contrer l’électron libre qu’est Christophe sera forte : « On lui interdit l’accès à la tribune publique du conseil municipal, il est poursuivi dans la rue, reçoit des messages de menaces sur son répondeur, se fait interpeller par la police municipale pour avoir photographié les fleurs du parc municipal. »

Mais la manière forte, provoque un fort écho et, alors que le site Web de Christophe se transforme en ce qu’il est maintenant convenu d’appeler un blog, une solidarité inter-blogs se tisse, tout particulièrement alors qu’approche l’échéance d’un procès intenté au blogueur putéolien [1] accusé pour avoir repris sur son site un extrait d’un article paru dans le Parisien (co-accusé).

C’est ce qui valait à Christophe Grébert de comparaître ce vendredi 3 février 2006 devant la 17e chambre correctionnelle de Paris, qui juge habituellement la presse.

Jean-Marc Fédida, l’avocat de la ville de Puteaux, avait déclaré la veille, au sujet de Christophe : « C’’est lui qui fait de ce procès une tribune qui sera celle de son humiliation. » En effet, l’avocat de la municipalité reproche au blogueur de « se poser en moto-crottes de la diffamation en ramassant tout ce qui traîne sur les trottoirs de Puteaux sans vérifier ce qu’il dit ».

Il est bien possible que ce soit sur ce dernier point que se cristallise l’affaire. Selon Le Télégramme, le procureur Béatrice Vautherin a soutenu les accusations de diffamation contre Le Parisien pour son article, mais elle a semblé moins prompte à vouloir condamner la citation de cet article par l’auteur d’un site personnel, « on pourrait lui accorder le bénéfice de la polémique citoyenne » a-t-elle expliqué.

Les sites personnels sont-ils des recueils de billets d ’ humeur auxquels on ne saurait reprocher de prendre parti, ou bien sont-ils des organes d’information dont on peut exiger prudence et contradiction.

Le jugement de l’affaire, qui devrait intervenir le 17 mars 2006, apportera peut-être un élément de réponse.

[1] (ça veut juste dire "habitant Puteaux" ;-)

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