Vers un procès Total ?

vendredi 3 février 2006.par Philippe Ladame
 
Les quelque 60 parties civiles au dossier "Erika" espèrent un procès dans l’année.

Le 12 décembre 1999, lors d’une tempête force 8, l’Erika coulait à 30 milles de la pointe de Penmarc’h. Echappées de l’épave, 20 000 tonnes de fioul allaient souiller 400 kilomètres de façade atlantique. Propriété d’un armateur italien, le bateau battait pavillon maltais et transportait des hydrocarbures pour le compte de Total.

Après six années de procédure, la juge d’instruction Dominique de Talancé devait décider, ce 3 février 2006 des suites à donner.

Comme le rappelle Libération, le parquet de Paris, qui avait rendu ses réquisitions dans ce dossier en octobre 2005, demandait le renvoi de Total pour le seul chef de « pollution maritime ». En outre, le parquet avait également requis le non-lieu pour trois militaires et un civil, membres des services en charge de l’autorité maritime.

Dominique de Talancé, dans son ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel, a jugé qu’il convenait d’aller au-delà. Total, en tant personne morale, devra répondre non seulement de « pollution maritime », mais le magistrat a aussi retenu la charge de « complicité de mise en danger de la vie d’autrui. »

Seront aussi jugés, deux des filiales du géant pétrolier (Total Petroleum Services et Total Transport Corporation) et l’un de ses cadres. En outre, comparaîtront les quatre membres des services en charge de l’autorité maritime, ainsi que la société de classification italienne Rina, en tant que personne morale, son directeur Gianpierro Ponasso, le propriétaire du navire, Giuseppe Savarese, ses deux armateurs, Mauro Clemente et Alessandro Ducci, le capitaine du navire, Karun Mathur, Antonio Pollara, un responsable de la société Panship chargée de la gestion technique du navire (source).

« Il y a de mauvaises pratiques dans le commerce maritime. Il est invraisemblable qu’une société comme Total ait pu affréter un navire vieux de 25 ans » a estimé l’avocat du Conseil général de la Vendée Me Alexandre Varaut selon qui « C’est une bonne nouvelle que tous les responsables soient là et notamment Total à l’origine de ce transport ».

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