"Trop c’est trop"

samedi 14 janvier 2006.par Philippe Ladame
 
Une campagne nationale contre la surpopulation carcérale intitulée « Trop c’est trop » a été lancée aujourd’hui.

Selon les chiffres de l’administration pénitentiaire, au 1er décembre 2005, l’effectif de la population incarcérée s’élevait à 60.443 en France. 912 condamnés étaient placés sous surveillance électronique et 290 étaient placés à l’extérieur sans hébergement. Ce qui représente donc au total 59.241 détenus pour 51.195 places disponibles.

Aussi, ce samedi 14 janvier 2006, des magistrats, des anciens détenus et des militants et responsables politiques divers [1] se sont retrouvés à Lyon pour lancer une « Campagne pour le respect du numerus clausus en prison. »

« Plusieurs dizaines de milliers de personnes sont détenues chaque année dans les prisons françaises dans des conditions de promiscuité gravement dommageables. La détention est alors pratiquée au mépris des règles, des conventions, de la loi et, tout simplement, du respect de la dignité de la personne inscrite dans la Constitution française, » estiment les signataires de l’appel.

Ceux-ci se savent divers. « A chacun son approche, sa vision. En commun la conviction que la surpopulation carcérale est à l’origine de grands maux et de mauvais traitements, » est-il indiqué sur le site de la campagne. Mais ils s’unissent sur une exigence simple de numerus clausus : "Une place, une personne".

« Nous ne retenons pas la définition du numerus clausus qui voudrait que chaque détenu dispose d’une cellule, » expliquent-ils. « De nombreuses personnes détenues expriment le souhait de partager leur cellule avec un compagnon. » Ce qu’ils demandent, c’est d’abord l’application stricte de la circulaire ministérielle en vigueur qui définit le nombre de m² au sol correspondant à une place (moins de 11 m² : une place ; de 11 à 14 m² : deux places ; de 14 à 19 m² : trois places ; etc...). « La notion de numerus clausus que nous défendons est celle d’un strict respect de la loi en vigueur : là où il y a une place, est installée une personne. »

La campagne se déroulera jusqu’aux élections présidentielles de 2007 et verra l’organisation de débats dans plusieurs villes de France. Son site internet entend réactualiser chaque mois les chiffres du surpeuplement carcéral et dénoncer les incidents dus à ce problème.

[1] Outre Jean-Luc Bennahmias et Noël Mamère (Verts), on trouve parmi les initiateurs de la campagne, Christine Boutin ou encore Dominique Strauss-Kahn.

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