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Le samedi 25 septembre, comme cela s’était produit déjà 20 jours plus tôt, des centaines des gendarmes et de CRS ont déployé le grand jeu (barbelés à lames coupantes, grenades lacymogènes et assourdissantes) pour protéger un champ de maïs transgénique (lire la dépêche AFP et voir un reportage photo militant).
Ce déploiement de force avait pour but d’empêcher l’action de militants réunis au nom de la désobéissance civile.
C’est l’américain Henry David Thoreau qui est considéré comme l’inventeur de son concept, il y a déjà plus d’un siècle et demi [1].
Cette pratique politique fut utilisée au XX siècle notamment par Martin Luther King, ainsi que par Gandhi qui disait : « La désobéissance civile est un droit imprescriptible de tout citoyen.  ». Elle le fut aussi, en France, notamment à l’occasion de la conquête du droit au recours à l’avortement quand 343 femmes ont revendiqué publiquement, en 1971, avoir avorté (ce qui était alors illégal).
Un mouvement de désobéissance civile poursuit un objectif précis (souvent la remise en cause d’une loi), pour lequel s’engagent, pacifiquement, majoritairement au profit de tiers, des personnes nombreuses, prêtes à assumer une sanction (proportionnée à leur "faute", bien entendu).
Le mouvement actuel des faucheurs volontaires se situe bien dans ce cadre-là, puisqu’ils sont, à chaque fois, plusieurs centaines à détruire ou tenter de détruire, chacun, quelques kilos de grains de maïs, afin d’obtenir l’annulation de lois qui négligent le principe de précaution et organisent la dépendance des paysans vis à vis des grands semenciers.
Le débat sur les conditions et les limites de la désobéissance civile est d’importance. Il met en jeu la fonction de la loi (qui oppresse ou qui libère ?) et l’articulation entre l’action politique de mouvements et d’institutions.
On lira avec intérêt l’article Wikipedia sur la désobéissance civile.
[1] Une traduction française du texte de Thoreau est disponible sur le Web.