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Alors que Libération signale que cinq sans-abris sont morts de froid ces jours derniers (en Seine-et-Marne, Pas-de-Calais, Isère, Haute-Saône et Moselle), le premier ministre Dominique de Villepin a demandé dimanche au samu social de déroger, pour les sans-abri qui ont un emploi, à l’habitude de n’accueillir les SDF en foyers que pour une durée limitée à quelques jours.
Considérant que l’obligation de quitter un centre d’hébergement d’urgence au bout d’une semaine ne favorise pas la stabilité pour une réinsertion, le premier ministre a souhaité permettre un hébergement stable, pour un mois au minimum, à toute personne sans toit et disposant d’un contrat de travail.
Selon une enquête INSEE évoquée par TF1, trois sans-domicile sur dix ont un emploi. Il s’agit cependant, dans la plupart des cas, d’emplois précaires. « Seuls un quart des sans domicile affirmant avoir un emploi ont un contrat à durée indéterminée. 15% n’ont d’ailleurs pas de contrat du tout. Les autres ont des contrats emploi solidarité (CES), contrat emploi-jeune, » explique Bernadette de la Rochère, auteur de l’étude.
La mairie de Paris a estimé ce lundi que le souhait de proposer aux salariés sans domicile fixe un hébergement de plus longue durée allait dans le bon sens mais que ces déclarations d’intention restaient « très insuffisantes au regard des besoins. »
Le PCF a demandé de son côté "un plan d’urgence pour le logement des sans-abri", sans "aucune discrimination", usant "si nécessaire du droit de réquisition", ainsi que le renforcement des "moyens des associations qui par leurs efforts sauvent de nombreuses vies", sans lesquelles "le bilan serait encore plus lourd" (source).
En désaccord avec M. de Villepin, Martin Hirsch, président d’Emmaüs-France, estime que "l’hébergement d’urgence ne se prête pas à une discrimination entre les personnes qui ont un contrat de travail et les autres". De telles pratiques compliqueraient le travail des structures et créeraient des "tensions", a-t-il ajouté (source).