Pour un statut des stagiaires

jeudi 24 novembre 2005.par Philippe Ladame
 
La précarité prend des formes multiples. Des stagiaires revendiquent un véritable statut.

Selon une dépêche Reuters, quelques centaines de stagiaires ont manifesté, ce jeudi 24 novembre 2005, pour dénoncer les abus fréquents en matière de stages.

Le Conseil économique et social estime à 800.000 le nombre de stagiaires chaque année. Alors que, au fil des ans, les stages sont devenus plus fréquents et plus longs, ils continuent de ne pas être considérés comme du travail.

Les indemnités, parfois perçues, dépassent rarement 30% du SMIC. En effet, dans de nombreux cas, les entreprises qui limitent les "gratifications" sous ce seuil sont exonérées de cotisations sociales.

Comme l’explique Génération Précaire, « la multiplication des stages pour les étudiants et l’allongement régulier de la durée des études ont fourni aux entreprises, administrations et associations une quantité croissante de stagiaires. Confrontées à une conjoncture économique difficile, les employeurs ont peu à peu appris à utiliser cette main d’œuvre dont la rémunération n’est pas obligatoire. Le "contrat moral" initial du stage, outil « gagnant-gagnant », mi-pédagogique, mi-professionnel, s’est peu à peu perdu. »

Dans ce contexte, le Medef, qui reconnaît l’existence d’abus, propose la rédaction d’une "charte de bonne conduite". La proposition est jugée bien insuffisante par Génération Précaire qui préconise que le statut de stagiaire soit inscrit dans le Code du Travail, que soit mis en place des contrôles et des limites, ainsi qu’un système de rémunérations, au moins égales à 50% du SMIC, progressives et assujeties aux cotisations sociales.

Génération Précaire, créée en septembre 2005, a mis en ligne une pétition qui a déjà recueilli plus de 10.000 signatures.

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