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Le premier temps fort du Sommet Mondial sur la Société de l’Information (SMSI) s’est déroulé en décembre 2003 à Genève. Il a été précédé et suivi d’un travail international de réflexion et de recherche de consensus (voir http://smsi.internet.gouv.fr/).
L’échéance suivante est la rencontre du Tunis, la semaine prochaine, à laquelle environ 10 000 personnes dont plus de 60 chefs d’Etat ou de gouvernement devraient prendre part.
Les participants, s’appuyant sur la base commune définie précédemment à Genève, devraient aborder des questions ayant trait à la gouvernance de l’Internet et au financement de la réduction du fossé numérique entre les pays du Nord et du Sud.
Si la démarche générale donne lieu à quelques avancées, notamment dues à l’investissement d’associations qui y défendent les logiciels libres, l’Internet non marchand et le droit d’accès au savoir et à l’information, deux problèmes préoccupants, parmi beaucoup d’autres, témoignent du caractère ambigu de ce sommet.
Le premier problème est l’interdiction faite par la Tunisie à Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), de participer à la rencontre.
Charles Geiger, directeur exécutif du SMSI, vient en effet d’écrire à RSF qu’il avait été informé verbalement par la Tunisie que « l’instruction de la plainte à l’encontre de M. Robert Ménard déposée auprès du Procureur de la République à Tunis, sous le numéro 7062269/2002, en date du 9 juillet 2002, est toujours en cours. De ce fait, M. Robert Ménard ne peut juridiquement prétendre entrer en Tunisie qu’à la convocation de l’instance judiciaire en charge de cette affaire. »
Dans un communiqué, l’association de journalistes demande « aux Nations unies et à l’Union internationale des télécommunications (UIT), qui organise ce sommet, de condamner publiquement cette décision des autorités tunisiennes et de tout faire pour permettre à Robert Ménard d’assister à cet événement. »
Une autre tache sombre sera la participation de l’Iran à la rencontre de la semaine prochaine. En effet ce pays est actuellement engagé dans une répression particulièrement sévère de la liberté d’expression et d’information par Internet.
Dans un article du 18/10/05 Reporters Sans Frontières dénonçait la censure exercée en Iran par les multiples fournisseurs d’accès du pays et s’inquiétait de la perspective de son aggravation avec la décision récente des autorités de confier la mise en oeuvre d’un filtrage centralisé et plus systématique par l’entreprise Delta Global.
A la longue liste de sites politiques interdits d’accès, avec plus ou moins de rigueur jusqu’à présent, sont venus s’ajouter ces derniers temps plusieurs sites "féminins".
Une pétition (en anglais) a d’ailleurs été mise en ligne par laquelle les signataires « expriment leur grave inquiétude et leur ferme opposition à la politique de filtrage, de censure et de bloquage de l’information sur Internet en Iran, particulièrement aux informations relatives à la condition féminine. »
Ils soulignent que l’Iran est signataire de la déclaration et du plan d’action du SMSI et demandent à ses membres d’intervenir auprès de l’Iran pour qu’il respecte les engagements en matière de droit à l’information contenus dans ces textes.