Ecole : éloges des petits pas

dimanche 6 novembre 2005.par Philippe Ladame
 
Le système éducatif a certainement besoin de se re-former, mais a-t-il besoin d’une réforme ?

Au fil des ans, le Café Pédagogique devient une référence fréquente et un outil apprécié d’un nombre croissant d’enseignants.

Il vient de se donner une nouvelle ambition avec le lancement d’un blog intitulé Les Citoyens construisent l’Ecole.

Ne pouvant se satisfaire du « fatalisme », des « revendications convenues », des « clichés éculés », l’équipe du Café Pédagogique souhaite, par ce blog, susciter et rassembler des « propositions constructives » des enseignants, des élèves, de leurs parents, bref de « tous les citoyens qui s’intéressent à l’École et à l’avenir de notre société ».

Au terme de cette opération, le 30 mars 2006, l’équipe procèdera à une présentation exhaustive des contributions qu’elle entend rendre disponible, sous une forme définitive, fin août 2006. D’autre part, avec Philippe Meirieu, l’équipe entreprendra la rédaction d’un ouvrage qui tentera d’en dégager les perspectives les plus intéressantes, originales et novatrices.

C’est aussi ce parti-pris de petits pas qui marque le texte de Yann Forestier publié récemment sur le site Brest-ouVert.

Après avoir constaté que, quand on cherche des exemples d’innovation pédagogique, c’est dans le milieu de l’éducation populaire, dans l’enseignement élémentaire ou spécialisé qu’on les trouve, l’auteur rappelle que tous les projets de réforme globale de l’école ont toujours provoqué d’impressionnantes levées de boucliers et que les différentes structures chargées de promouvoir l’innovation pédagogique ont toujours ont toujours échoué au moment de présenter des projets de réforme valant pour tous les établissements. « Si probantes qu’aient pu être les expérimentations ou les consultations, qui se font parfois à grande échelle, les propositions de généralisation des dispositifs testés provoquent une querelle théologique qui aboutit à l’abandon du projet de généralisation, mais aussi à l’arrêt des expérimentations elles-mêmes, » explique Yann Forestier.

Aussi propose-t-il de renoncer à l’illusion d’une réforme globale. « Il faut au contraire percevoir la création d’établissements innovants, non comme des expériences visant à être généralisées ou comme des exceptions, mais comme une diversification de l’offre scolaire. C’est l’existence visible de projets innovants au sein même du système éducatif qui doit conduire les acteurs à faire évoluer leurs représentations et à remettre leurs habitudes en questions, afin qu’à moyen terme, une appropriation des innovations par le plus grand nombre des enseignants soit possible. »

Dans ce but, il suggère que soit encourager la constitution d’équipes éducatives désireuses de se rassembler autour de projets, y compris en intégrant ce critère (de constitution de groupes de projet) dans le mouvement des personnels. Il reviendrait ensuite à l’administration et faire connaître ces projets innovants et ces établissements expérimentaux. « Une revue régulière d’information, accordant aux syndicats et aux associations professionnelles la possibilité de s’exprimer, pourrait être créée, et devenir ainsi un bon moyen de parler de ce qui se passe et de ce qui change dans l’Education nationale, » suggère-t-il.

En procédant ainsi, plutôt que par une enième grande réforme seront semés « les germes d’une transformation progressive d’un système qui, face aux graves menaces qui pèsent sur le principe même des services publics, est confronté à la nécessité vitale d’évoluer pour que ses échecs et ses blocages, aujourd’hui éloquents, ne puissent servir d’arguments à ceux qui n’attendent que son naufrage pour pouvoir le privatiser. »

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