Amazonie : le poumon asphyxié

vendredi 21 octobre 2005.par Philippe Ladame
 
La revue Nature réévalue la déforestation de l’Amazonie brésilienne.

C’est notre-planete.info qui publie le 21/10/05 une synthèse sur la question de la déforestation amazonienne inspirée de la revue Nature.

Au cours des trois dernières années, la déforestation s’est maintenue à un niveau élevé (plus de 20.000 km²/an). La forêt amazonienne perd ainsi, chaque année, une surface à peu près équivalente à la Belgique.

Mais la réalité va au-delà de ces chiffres, déjà impressionnants. Alors qu’auparavant on ne pouvait mesurer que les secteurs complètement déboisés, on peut maintenant prendre en compte, en effet, les coupes sélectives, grâce à la meilleure résolution des images satellites récentes et à leur traitement via un logiciel spécialement développé par l’université de Stanford.

Or ces coupes sélectives (visant des variétés d’arbres ayant une valeur marchande élevée comme l’acajou ou le mahogany) ont été pratiquées pendant des décennies. Leur prise en compte augmente de plus de 50% l’évaluation de la déforestation.

Or les spécialistes considèrent que la poursuite de la déforestation pourrait avoir des conséquences considérables. On estime qu’environ 400 millions de tonnes de gaz à effet de serre sont rejetés dans l’atmosphère chaque année du fait du défrichement de la forêt. Le remplacement d’arbres par des cultures sur brûlis contribue aussi à la production de tels gaz. Actuellement la forêt les absorbe totalement. La poursuite de la réduction de densité boisée risque de rompre cet équilibre.

La déforestation affecte aussi le climat. Une telle région, chaude et humide est le lieu de phénomènes de précipitations et d’évaporation massifs. C’est, de ce fait, une source importante de redistribution de la chaleur sur Terre. Selon Notre Planète, « une modification de son taux de boisement et donc de la chaleur redistribuée, peut entraîner de sérieux changements météorologiques dans le reste du monde comme des tempêtes violentes ou des sécheresses. »

Il y aurait donc des raisons fortes pour contrôler le devenir de la forêt amazonienne. Mais on est bien loin d’une gestion durable et on estime même que 80% du bois exploité au Brésil est illégal.

Pourtant, comme le rappelle Notre Planète, la forêt amazonienne est irremplaçable : « avec un panel de 40 000 espèces végétales et de 14 000 espèces animales, cette forêt est un sanctuaire de la biodiversité. Elle abrite 23 écosystèmes différents et renferme la plus grande concentration d’organismes biologiques de la planète. Les scientifiques estiment qu’ils représentent entre 15 et 30% de l’ensemble des espèces connues dans le monde. »

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