Prix Nobel de la Paix nucléaire

samedi 8 octobre 2005.par Philippe Ladame
 
Les avis sont partagés sur l’attribution du prix Nobel de la Paix au directeur de l’AIEA.

Afrik.com, dans un article du 7/10/05, souligne que, avec l’attibution du prix Nobel de la Paix à l’Egyptien Mohamed El Baradeï, le continent africain est à l’honneur pour la deuxième année consécutive.

Mohamed El Baradei dirige l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) depuis le 1er décembre 1997 et a été réélu à son poste en 2005 pour un troisième mandat de quatre ans. En décernant le Nobel de la Paix à cette agence et à son directeur, le comité Nobel norvégien a tenu notamment à saluer « leurs efforts visant à prévenir l’usage de l’énergie nucléaire à des fins militaires ».

« Selon certains avis, explique Afrik.com, cette distinction serait une sorte de « pied de nez » aux Etats-Unis, ce que réfute le Comité. Les Etats-Unis s’étaient récemment opposés à la réélection du Dr El Baradei à la tête de l’AIEA. Il avait, en effet, contredit les Américains, avant leur intervention en Irak, sur la présence d’armes de destruction massive dans le pays. »

C’est aussi l’avis de Bruno Tertrais, expert en questions de sécurité, qui, interrogé par Libération du 8/10/05, voit dans ce prix « un coup de griffe contre Bush » et reconnait que, sous l’impulsion de M. El Baradei, « les inspections des sites nucléaires sont devenues plus intrusives et plus intelligentes. »

Selon lui, toutefois, M. El Baradei a fait preuve à l’égard de l’Iran de « légèreté, voire de naïveté », un point que l’expert juge crucial à un moment où la prolifération nucléaire, qu’il juge « contenue » ces dernières années, pourrait connaître une nouvelle vague.

Cette attribution du prix Nobel à l’AIEA suscite aussi des réactions négatives, notamment d’associations anti-nucléaires.
- dans un communiqué, la CRIIAD [1] rappelle que l’AIEA a une « double mission statutaire de contrôle de la non prolifération de l’arme atomique et de développement des applications nucléaire civiles. » A ce deuxième titre, la « falsification dont elle s’est rendue coupable début septembre dernier » au sujet des conséquences de Tchernobyl (voir notre article) lui semble incompatible avec l’obtention du prix Nobel.
- le Réseau Sortir du Nucléaire, dans un communiqué du 7/10/05 reprend la même critique et ajoute que, même sur le plan de la non-prolifération du nucléaire militaire, l’action de l’AIEA constitue un « échec patent ».

[1] CRIIAD : Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité.

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