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A Lorient, dans le Morbihan, le collectif de parents d’élèves de l’école Merville réclame depuis la rentrée la création d’une section breton à l’école maternelle.
« Nous avons les locaux, le soutien de l’équipe enseignante et de la ville de Lorient. Il ne reste que l’enseignant à trouver. »
Le problème, c’est que l’Inspection Académique avait jugé, au moment du dépôt de la demande initiale, le nombre d’élèves insuffisant (une petite dizaine). En début septembre, il atteignait la vingtaine, mais la réponse de l’inspection académique du Morbihan reste invariable : « pas de budget, pas de poste ».
Une réponse qui met en colère les parents qui rappellent dans un communiqué du 2/10/05 des dépenses récentes dont l’Education Nationale aurait été, selon eux, bien inspirée de se passer.
« L’Education Nationale n’a pas l’argent ? Allons donc ! Si les vaches sont maigres en ce moment, pourquoi utiliser, bien inutilement, tant d’argent dans des opérations de communication qui tiennent plus de la propagande publicitaire que de l’information ?
Le 30 août dernier, les 850 000 enseignants de France recevaient, à leur domicile, une lettre personnalisée signée de M. de Robien. Lettre qui tenait plus de la relance commerciale de la Redoute ou des 3 Suisses que du souci d’information. Coût de l’opération en évaluant l’impression de la lettre (0,10 euros) et le timbrage (0,20 euros) : 275 000 euros, ou 7 postes d’enseignants à temps plein gaspillés !
L’an passé, sous M. Fillon (l’Education Nationale change souvent de ministre !) c’était le Grand Débat sur l’Avenir de l’Ecole. Oublions le coût des placards publicitaires dans les journaux, des millions de documents envoyés à tous les parents à leur domicile, des réunions et des émissions de TV organisées de septembre 2003 à mars 2004. Oublions le coût des réunions de la Commission nationale présidée par Claude Thélot pour faire la synthèse de mars à juin... Tout cela, aussi, signifie des postes en moins sur le budget du ministère !
A la rentrée 2004, les 85 000 établissements scolaires de France recevaient la synyhèse de ce grand débat national, un livre de 580 pages ! Rares sont ceux qui l’ont lu, certains l’ont même brûlé. Coût du livre, toujours en vente aux éditions Dunod : 7,5 euros. Soit, pour 85.000 exemplaires : 637.500 euros, ou 16 postes d’enseignants à temps plein gaspillés !
L’année d’avant, c’était Luc Ferry (encore un autre !) qui publiait son livre "Lettre à tous ceux qui aiment l’école" et l’envoyait aux 850.000 enseignants de France. Coût du livre, toujours en vente chez Odile Jacob : 9 euros auxquels il faut ajouter les frais d’envoi (1 euro) aux 850.000 enseignants qui l’ont reçu. Total de l’opération : 8.500.000 euros, ou 212 postes !
En trois ans, un budget correspondant à près de 250 postes d’enseignants à temps plein gaspillés dans ces trois opérations inutiles (et nous n’avons pas tout comptabilisé). (...) »
L’argument est volontairement simpliste et provocateur, mais il est à la mesure du caractère incompréhensible de la situation qui voit une vingtaine d’élèves privés de l’enseignant dont ils ont besoin. Dans le même esprit, le collectif a d’ailleurs décidé de lancer un deRobienthon !