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La naissance de Solidarnosc, dont Wikipedia rappelle l’action en Pologne dans les années 80, a donné lieu, notamment à Gdansk sa ville natale, à trois jours de commémorations auxquels ont assisté vingt-deux représentants de gouvernements européens (dont treize membres de l’Union européenne), le président de la commission européenne, José Manuel Barroso, et James Baker, envoyé spécial du président américain George Bush, mais sans représentant de la présidence et du gouvernement français, précise Le Monde du 1/09/05.
Dans la rubrique Rebonds de Libération, Jacques Amalric revient sur cet « anniversaire douloureux pour bien des pionniers d’un mouvement à la fois national, social et non violent qui, envers et (presque) contre tous, porta le premier coup décisif à la mainmise de l’Union soviétique sur l’Europe centrale. »
« On peut comprendre sans peine, explique-t-il, cette amertume en voyant une fois de plus les voleurs de révolution à l’oeuvre, l’état de délabrement dans lequel se trouve aujourd’hui Solidarnosc et l’infinie médiocrité politique qui affecte la Pologne postcommuniste. »
Mais c’est surtout contre l’imposture de la récupération que Jacques Amalric s’élève. Il insiste notamment sur la « frilosité de l’Europe » et l’absence de soutien à Solidarnosc de la part de la France [1], de l’Allemagne ou encore de l’Italie, dont les dirigeants respectueux des équilibres ne croyaient pas en l’avenir du mouvement démocratique polonais.
Cette frilosité a laissé la place au soutien américain, à l’initiative de Jimmy Carter, puis, sur un mode différent, sous la présidence de Ronald Reagan, et à celui, tardif d’ailleurs, de l’église polonaise.
Une occasion ratée qui a laissé le champ libre aux « voleurs de révolution. »
[1] Jacques Amalric insiste sur la position de François Mitterand qui estimait que « vouloir remettre en cause l’appartenance de ce pays au glacis soviétique, c’est vouloir la guerre avec Moscou, c’est mettre en cause la paix ».