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« Les producteurs de lait en ont assez. Assez d’être pillés par des entreprises dont la seule logique est de s’accaparer le montant de l’aide directe laitière. » s’écrie dans un communiqué du 25/08/05 la FNSEA (Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles), qui soutient « tous les producteurs de lait dans la perspective d’une action progressive et générale. »
Ces propos vigoureux amorcent une partie de bras de fer qui devrait opposer les producteurs aux transformateurs. Le 12 juillet dernier, ceux-ci avaient dénoncé l’accord passé en septembre 2004 qui aurait dû aboutir à une diminution du prix du lait limitée à 3,53 euros/1000 litres au mois de juillet. Arguant de la pression de la grande distribution, de l’inadaptation du calcul de l’indice ou encore de la mévente de certains produits industriels, les transformateurs cherchent à obtenir un prix d’achat plus bas et une plus grande flexibilité (vers le bas) quand les circonstances leur sont particulièrement difficiles.
Résultat, les "fiches de paye" de juillet, arrivées ces jours-ci chez les producteurs de l’ouest, subissent des baisses du prix allant de 3,53 à 13,73 euros, sans concertation.
L’heure de la mobilisation a donc sonné pour les syndicats qui, pour faire pression sur les entreprises de transformation, espèrent convaincre les producteurs de développer une stratégie commune sur tout le Grand Ouest. Selon le Nouvel Observateur, un mouvement de bloquage de camions a commencé en Normandie touchant toutes les entreprises, « à l’exception de Danone qui a respecté l’accord et a limité la baisse du prix du lait. »
Reste à savoir si les producteurs s’engageront massivement dans ce mouvement. Ils viennent d’avoir, avec le décret du 10 août sur les installations classées (voir notre article), un motif de satisfaction, y compris sur le plan financier. Comme l’explique le Paysan Breton : « désormais en bovins, les étables de moins de 50 vaches sont soumises au règlement sanitaire départemental (au lieu de 40 auparavant). Celles de 50 à 100 (au lieu de 40 à 80 auparavant), sont soumises à déclaration. Et, il faut maintenant plus de 100 vaches (au lieu de 80) pour passer sous le régime de l’autorisation. En volaille également les seuils ont été revus à la hausse. Ceci peut se traduire par des économies substantielles pour les éleveurs concernés. Ainsi par exemple, un éleveur non soumis à déclaration va économiser 1 500 euros et celui soumis à déclaration au lieu d’autorisation va économiser de l’ordre de 5 000 euros. »