Niger : la mobilisation tardive

dimanche 24 juillet 2005.par Philippe Ladame
 
Au Niger la période de "soudure", traditionnellement difficile, est, cette année, particulièrement dramatique.

Selon une dépêche Associated Press, les Nations unies ont reçu plus de dons ces dix derniers jours qu’au cours des dix mois précédents pour le Niger, pays dévasté par la sécheresse et la famine. « Ces derniers jours, le monde s’est enfin réveillé mais il aura fallu pour cela qu’il voie des images d’enfants en train de mourir », a déclaré vendredi le secrétaire général adjoint aux Affaires humanitaires Jan Egeland.

L’ONU avait lancé un premier appel aux dons en novembre, sans grand succès. Un deuxième appel en mars n’a rapporté qu’un million de dollars (800.000 euros) sur les 16 millions de dollars (13 millions d’euros) espérés.

Quelque 3,5 millions de personnes, soit un quart de la population du Niger, sont confrontées à une famine de « proportions catastrophiques », d’après le Bureau de coordination des Affaires humanitaires (OCHA) de l’ONU.

Dans un article d’Afrik.com, le responsable de l’organisation de l’ONU au Niger, Giancarlo Cirri, explique avoir tenté de mobiliser des fonds dès novembre 2004 pour constituer des banques de céréales, sortes de greniers villageois, et fournir des céréales contre du travail aux agriculteurs migrant pendant la soudure (période sans activité agropastorale entre la fin de la saison et le début de la nouvelle, de janvier à mai) à la recherche d’emplois. « Nous le faisons depuis trente ans, mais nous aurions souhaité le faire à une plus grande échelle pour éviter la famine », explique Giancarlo Cirri.

Selon lui, la malnutrition au Niger est structurelle. La sécheresse de l’an passé a empêché les récoltes d’arriver à maturation, puis des pluies ont favorisé la reproduction des criquets qui ont dévoré les semences. Les prix du mil, base traditionnelle de l’alimentation, ont triplé, alors même que les revenus de éleveurs diminuaient du fait du piètre état du bétail.

La FAO réclame de toute urgence « des approvisionnements alimentaires ciblés et la livraison d’intrants agricoles, notamment des semences et du fourrage, pour permettre aux ménages vulnérables de tenir jusqu’à la prochaine moisson d’octobre ».

On peut lire, pour approfondissement, une intéressante interview de Gilles Hirzel, de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

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